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Tome premier.
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3o 2 ÉLÉMENS

géométrie le rapport des parties d’une ligne à celui des partiesd’une autre ligne; d’oii il est aisé de voir que, par l’applicationseule de la géométrie et du calcul, on peut, sans le secours d’au-cun autre principe, trouver les propriétés générales du mouve-ment, varié suivant une loi quelconque. Mais comment arrive-t-il que le mouvement d’un corps suive telle ou telle loi parti-culière ? C’est sur quoi la géométrie seule ne peut rien nousapprendre, et c’est aussi ce qu’on peut regarder comme le pre-mier problème qui appartienne immédiatement à la méca-nique.

On voit d’abord fort clairement qu’un corps ne peut se don-ner le mouvement-à lui-même. Il ne peut donc être tiré durepos que par l’action de quelque cause étrangère. Mais conti-nue-t-il-à se mouvoir de lui-même, ou a-t-il besoin pour semouvoir de l’action répétée de la cause ? Quelque parti qu’onpût prendre là-dessus, il'sera toujours incontestable que l’exis-tence du mouvement étant une fois supposée sans aucune autrehypothèse particulière , la loi la plus simple, qu’un mobile puisseobserver dans son mouvement, est la loi d’uniformité, et c’estpar conséquent celle qu’il doit suivre. Le mouvement est doncuniforme par sa nature : il est vrai que les preuves qu’on a don-nées jusqu’à présent de ce principe, ne sont peut-être pas fortconvaincantes; le philosophe fera sentir les difficultés qu’on peuty opposer, et montrera le chemin qu’on doit prendre pour éviterde s’engager à les résoudre (i).

Cette loi d’uniformité, essentielle au mouvement considéréen lui-même, fournit une des meilleures raisons sur lesquellesla mesure du temps, par le mouvement uniforme, paraisse ap-puyée. Quoique cette discussion ne soit pas absolument essen-tielle à la mécanique, cependant, comme elle n’y est pas nonplus entièrement étrangère, nous entrerons ici dans quelque dé-tail à ce sujet.

Comme le rapport des parties du temps nous est inconnu enlui-même, l’unique moyen que nous puissions employer pourdécouvrir ce rapport, c’est d’en chercher quelque autre plussensible et mieux connu , auquel nous puissions le comparer.On aura donc trouvé la mesure du temps la plus simple, si onviept à bout de comparer , de la manière la plus simple qu’ilsoit possible, le rapport des parties du temps avec celui de tousles rapports qu’on connaît le mieux. De là il résulte que le mou-vement uniforme est la mesure du temps la plus simple. Car,d’un côté , le rapport des parties d’une ligne droite est celui que

(i) Voyez sur cela la première partie du Traité de Dynamique, art. G,e et 8 de la nouvelle édition.