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Tome premier.
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DE PHILOSOPHIE. 3o3

rfous saisissons le plus facilement ; et de l’autre il n’est point d*rapports plus aisés à comparer entre eux, que des rapports égaux.Or, dans le mouvement uniforme, le rapport des parties du tempsest égal à celui des parties correspondantes de la ligne parcourue.Le mouvement uniforme nous donne donc tout à la fois le moyen,et de comparer le rapport des parties du temps au rapport quinous est le plus sensible , et de faire cette comparaison de la ma-nière la plus simple ; nous trouvons donc dans le mouvementuniforme la mesure la plus simple du temps.

Je dis outre cela que la mesure du temps, par le mouvementuniforme, est, indépendamment de sa simplicité, celle dont ilest le plus naturel de penser à se servir. En effet, comme il n’y apoint de rapport que nous connaissions plus exactement que ce-lui des parties de l’espace, et qu’en général un mouvement quel-conque , dont la loi serait donnée , nous conduirait à découvrirle rapport des parties du temps, par l’analogie connue de ce rap-port avec celui des parties de l'espace parcouru, il est clair qu’untel mouvement serait la mesure du temps la plus exacte, et parconséquent celle qu’on devrait mettre en usage préférablementà toute autre. Donc, s’il y a quelque espèce particulière de mou-vement, où l’analogie entre le rapport des parties du temps etcelui des parties de l’espace parcouru, soit connue indépendam-ment de toute hypothèse et par la nature du mouvement même ,et que cette espèce particulière de mouvement soit la seule à quicette propriété appartienne, elle sera nécessairement la mesuredu temps la plus naturelle. Or il n’y a que le mouvement uni-forme qui réunisse les deux conditions dont nous venons de par-ler. Car le mouvement d’un corps est uniforme par lui-même :il ne devient accéléré ou retardé qu’en vertu d’une cause étran-gère , et alors il est susceptible d’une infinité de lois différentesde variation. La loi d’uniformité , c’est-à-dire l’égalité entre lerapport des temps et celui des espaces parcourus , est donc unepropriété du mouvement considéré en lui-même. Le mouve-ment uniforme n’en est par là que plus analogue à la durée, etpar conséquent plus propre à en être la mesure, puisque lesparties de la durée se succèdeut aussi constamment et uniformé-ment. Au contraire, toute loi d’accélération ou de diminutiondans le mouvement est arbitraire , pour ainsi dire, et dépen-dante de circonstances extérieures. Le mouvement non uniformene peut être par conséquent la mesure naturelle du temps. Car,en premier lieu , il n’y aurait pas de raison pourquoi une espècepai ticuhere de mouvement non uniforme lut la mesure premièredu temps plutôt qu’une autre. En second lieu, on ne pourraitmesurer le temps par un mouvement non uniforme, sans avoir