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Tome premier.
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3o4 ÉLÉMENS

découvert auparavant, par quelque moyen particulier, l’analo-gie entre le rapport des temps et celui des e : paces parcourus ,qui conviendrait au mouvement propose. D’ailleurs, commentconnaître cette analogie autrement que par l’expérience, et l'ex-périence ne supposerait-elle pas qu’on eut déjà une mesure dutemps fixe et certaine ?

Mais le moyen de s’assurer , dira-t-on , qu’un mouvement soitparfaitement uniforme? Je réponds d’abord qu’il n’y a nonplus aucun mouvement non uniforme dont nous sachions exac-tement la loi, et qu’ainsi cette difficulté prouve seulement quenous ne pouvons connaître exactement et en toute rigueur le rap-port des parties du temps; mais il ne s’ensuit pas de là que lemouvement uniforme n’en soit, par sa nature seule, la premièreet la plus simple mesure. Aussi, ne pouvant avoir de mesure dutemps précise et rigoureuse , c’est dans les mouvemens à peu prèsuniformes que nous en cherchons la mesure au moins approchée.Nous avons trois moyens de juger qu’un mouvement est à peuprès uniforme : i°. Quand le corps qui se meut parcourt des es-paces égaux, dans des temps que nous avons lieu de juger égaux ;et nous avons lieu de juger les temps égaux, quand nous avpnsobservé, par une expérience réitérée , qu’il se passe durant cestemps des effets semblables, que nous avons lieu de juger devoirdurer également long-temps : ainsi nous avons lieu de juger queles temps qu’une même clepsydre met à se vider, sont égaux;si donc pendant ces temps un corps parcourt des espaces égaux ,nous avons lieu de juger que son mouvement est uniforme.

Quand nous avons lieu de croire que l'effet de la cause accé-lératrice ou retardatrice, s’il y en a une , ne peut cire qu’insen-sible : c’est par la réunion de ces deux moyens qu’on a jugé quele mouvement de la terre autour de son axe est uniforme ; etcette supposition non-seulement n’est point contredite par lesautres phénomènes célestes, mais elle paraît même s’y accorderparfaitement. 3°. Quand nous comparons le mouvement dontil s’agit à d’autres mouvemens, et que nous observons la memeloi dans les uns et les autres. Ainsi, si plusieurs corps se meuventde manière que les espaces qu’ils parcourent durant un mêmetemps soient toujours entre eux , ou exactement, ou à peu prèsdans le même rapport, on juge que le mouvement de ces corpsest ou exactement, ou au moins à très-peu près uniforme. Carsi un corps qui se meut uniformément parcourt un certain es-pace durant un temps pris à volonté, et qu’un autre corps , semouvant aussi uniformément, parcoure un autre espace pendantle même temps, le rapport des espaces sera toujours le même ,soit que les deux corps aient commencé à se mouvoir dans le