Band 
Tome premier.
Seite
313
JPEG-Download
 

3i3

DE PHILOSOPHIE.

montrer l’unité de la loi d’équilibre par un autre raisonnement,trop mathématique pour être développé dans cet essai, mais quej’ai lâché de rendre sensible dans un autre ouvrage (i).

De toutes ces réflexions il s’ensuit que les, lois connues de lastatique et de la mécanique, sont celles qui résultent de l’exis-tence de la matière et du mouvement. Or l’expérience nousprouve que ces lois s’observent en effet dans les corps qui nousenvironnent. Donc les lois de l’équilibre et du mouvement ,telles que l’observation nous les fait connaître, sont de vériténécessaire. Un métaphysicien se contenterait peut-être de leprouver, en disant qu’il était de la sagesse du Créateur et de lasiinplité de ses vues, de ne point établir d’autres lois de l’équi-libre et du mouvement, que celles qui résultent de l’existencemême des corps , et de leur impénétrabilité mutuelle. Mais nousavons cru devoir nous abstenir de cette manière de raisonner,parce qu’il nous a paru qu’elle porterait sur uu principe tropvague; la nature de l’Etre suprême nous est trop cachée, pourque nous puissions connaître directement ce qui est ou n’estpas conforme aux vues de sa sagesse; nous pouvons seulemententrevoir les effets de cette sagesse dans l’observation des lois dela nature, lorsque le raisonnement mathématique nous aura faitvoir la simplicité de ces lois, et que l’expérience nous en auramontré les applications et l’étendue.

Cette réflexion peut servir, ce me semble , à nous faire appré-cier les démonstrations que plusieurs philosophes ont donnéesdes lois du mouvement d’après le principe des causes finales,c’est-à-dire d’après les vues que l’auteur de la nature a dû seproposer en établissant ces lois. De pareilles démonstrations nepeuvent avoir de force , qu’au tant qu’elles sont précédées et ap-puyées par des démonstrations directes et tirées de principesqui soient plus à notre portée; autrement il arriverait souventqu’elles nous induiraient en erreur. C’est pour avoir suivi cetteroute, pour avoir cru qu’il était de la sagesse du Créateur deconserve]- toujours la même quantité de mouvement dans.l’uni-vers, que Descartes s’est trompé sur les lois de la percussion.Ceux qui l’imiteraient courraient risque, ou de se tromper commelui, ou de donner pour uu principe général ce qui n’aurait lieuque dans certains cas, ou enfin de regarder comme une loi primi-tive de la nature, ce qui ne serait qu’une conséquence purementmathématique de quelques formules.

Ouand on demande au reste si les lois du mouvement sont devérité necessaire, il n’est question que de celles par lesquelles lemouvement se communique d’un corps à un autre; et nullement(iJ Traite de Dynamique, art. 46 et !\ 7.