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Tome premier.
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33a EL Ë MENS

les avait accoutumés à ne s’étonner de rien, ou plutôt à s’étonnerégalement de tout. Aussi peu éclairés que le peuple sur les pre-miers principes de toutës choses , ils n’ont et ne peuvent avoird’avantage que dans la combinaison qu’ils font de ces principeset dans les conséquences qu’ils' en tirent ; et c’est dans cette espèced’analyse que les mathématiques leur sont utiles. C’est avec lesecours seul de ce s sciences qu’il est permis de pénétrer dans lesfluides , et de découvrir le jeu de leurs parties, l’action qu’exer-cent les uns sur les autres ces atomes innombrables dont unfl uide est composé, et qui paraissent tout à la fois unis et divisés,dépendons et indépendans les uns des autres.

L’ignorance oii l’on est de la constitution intérieure des fluides,n’a donc pas empêché les physiciens géomètres de faire degrands progrès dans la'science de l’équilibre et du mouvementde ces corps. Nepouvant déduire immédiatement et directementde la nature des fluides les lois de leur équilibre et de leur mou-vement, ils les ont au nroins réduites à des principes d’expé-rience, qu’ils ont regardés (fautede mieux ) comme les propriétésfondamentales des fluides , et comme celles auxquelles il fallaitrapporter toutes les autres. La nature est une machine immensedont les ressorts principaux nous sont cachés ; nous ne voyonsmême celte machine qu’à travers un voile qui nous dérobe lejeu des parties les plus délicates ; entre les parties plus frap-pantes, ou si l’on veut plus grossières , que ce voile nous permetd’entrevoir et de découvrir , il en est plusieurs qu’un mêmeressort met en mouvement, et c’est là surtout ce que nous de-vons chercher à démêler. Condamnés comme nous le sommes àignorer l’essence et la contexture intérieure des corps, la seuleressource qui reste à notre sagacité est de tâcher au moins desaisir dans chaque matière l’analogie des phénomènes, et de lesrappeler tous à un petit nombre de faits primitifs et fondamen-taux. C’est ainsi que Newton , sans assigner la cause de la gra-vitation universelle, n’a pas laissé de démontrer que le sys-tème du monde est uniquement appuyé sur les lois de cettegravitation.

Nous jugerons aisément du plan que nous devons suivre dansla mécanique des fluides , si nous examinons d’abord quelledifférence il doit y avoir entre les principes généraux de cettemécanique , et ceux de la mécanique des corps ordinaires. Cesderniers principes, comme nous l’avons dit plus haut, peuventse réduire à trois ; savoir, la force d’inertie, le mouvemeut com-posé , et l’équilibre de deux masses égales , animées en senscontraire de vitesses virtuelles égales. Nous avons donc ici deuxquestions à re'soudre j en premier lieu, si ces trois principes sont