Band 
Tome premier.
Seite
334
JPEG-Download
 

334 ÉLÉMENS

tout ce qu’on peut démontrer sur l’équilibre des fluides. Néan*-moins , quoiqu’elle soit connue et mise en usage depuis fortlong-temps , il est assez surprenant que les lois principales del’hydrostatique en aient été si obscurément déduites. Parmiune foule d’auteurs dont la plupart n’ont fait que copier ceuxqui les avaient précédés, à peine en trouve-t-on qui expliquentavec quelque clarté pourquoi deux liqueurs sont en équilibredans un siphon ; pourquoi l’eau contenue dans un vase qui vaen s’élargissant de haut en bas, presse le fond de ce vase avecautant de force que si elle était contenue dans un vase cylin-drique de même base et de même hauteur, quoiqu’en soutenantle premier de ces deux vases, on ne porte que le poids du liquidequi y est contenu ; pourquoi un corps d’une pesanteur égale àcelui d’un pareil volume de fluide, s’y soutient en quelque en-droit qu’on le place. On ne viendra jamais à bout de démontrerexactement ces propositions , que par un calcul net et précis detoutes les forces qui concourent à la production de l’efl’et qu’onveut examiner, et par la détermination exacte de la force quien résulte'.

Un auteur moderne a prétendu expliquer l’égalité de pressiondes fluides en tout sens, par la figure sphérique et la dispositionqu’il leur suppose; il prend trois boules dout les centres soientdisposés en un triangle équilatéral de base horizontale, et il faitvoir aisément que la boule supérieure presse avec la même forceen en bas, qu’elle presse latéralement sur les deux boules voi-sines. On sent combien cette preuve est insuffisante : elle supposeque lès particules des fluides sont sphériques, ce qui peut êtreprobable, mais n’est pas démontré : elle suppose que les deuxboules d’en bas soient disposées de manièreque leur centre soitdans une ligne horizontale : elle ne démontre enfin l’égalité depression avec la pression verticale, que pour les deux directionsqui font avec la verticale un angle de 60 degrés, et nullementpour les autres.

Mous avons remarqué, plus haut, qu’en général les lois dumouvement et de l’action d’un système de corps qui agissent lesuns sur les autres , se réduisent à celle de l’équilibre de ce mêmesystème de corps. D’où il s’ensuit que les lois du mouvement desfluides et de leur action, se réduisent à celles de l’équilibre desmemes fluides. Par ce principe on peut résoudre les questions lesplus délicates et les plus difficiles sur le mouvement des fluideset sur la pression qu’ils exercent quand ils sont mus.

Mous ne pouvons nous empêcher de remarquer ici le peu desolidité d’un principe employé autrefois par presque tous les au-teurs d’hydraulique, et dont plusieurs se servent encore aujour-