DE PHILOSOPHIE. 335
d’hui pour déterminer le mouvement d’un fluide qui soït d’unvase. Selon ces auteurs, le fluide qui s’échappe à chaque instantest pressé par le poids de chaque colonne fluide dont il est-labase. Cette proposition est évidemment fausse , lorsque le v fluidecoule dans un vase cylindrique entièrement ouvert et sansaucun fond. Car la liqueur descend alors comme ferait unemasse solide et pesante, sans que ces parties exercent les unessur les autres aucune action , puisqu’elles se meuvent toutes avecune égale vitesse. Si le fluide sort du tuyau par une ouverturefaite au fond , alors la partie qui s’échappe à chaque instant peutà la vérité souffrir quelque pression par l’action oblique et laté-rale de la colonne qui appuie sur le fond ; mais comment prou-vera-t-on que cette pression est précisément égale ( surtout lors-que le fluide est en mouvement ) au poids de la colonne de fluidequi aurait l’ouverture du fond pour base ?
Il ne faut pas dissimuler , au reste , que quand on veut appli-quer le calcul d’une manière rigoureuse aux lois du mouvementet de l’action des fluides, sans se permettre aucune hypothèsearbitraire, on trouve dans cette explication plus de difficultésqu’on ne pourrait d’abord en attendre; et qu’on ne parvient passans peine à démontrer sur cette matière les vérités les plus gé-néralement connues, dont la plupart sont, assez mal prouvéesdans presque tous les livres de physique. On ne doit pas mêmeêtre surpris que dans cette matière épineuse la solution des pro-blèmes ou se refuse entièrement à l’analyse, ou ne puisse en êtredéduite que d’une manière très-imparfaite ; mais c’est avoirbeaucoup fait dans un sujet si difficile, que de s’assurer jusqu’oùpeut aller la théorie, et de fixer pour ainsi dire les limites oùelle doit s’arrêter. Souvent l’expérience même ne nous otfre surcet objet que des lumières fort imparfaites; car quand on com-pare entre elles les expériences qui oui été faites jusqu’ici, pourdéterminer par exemple la résistance des fluides, on les trouvesi peu d’accord qu’il n’y a peut-être encore aucun fait parfaite-ment constaté à cet égard. La multitude des forces, soit actives,soit passives, est ici compliquée à un tel degré , qu’il parait pres-que impossible de déterminer séparément l’effet de chacune , dedistinguer celui qui vient de la force d’inertie d’avec celui quirésulte de la ténacité , et ceux-ci d’avec l’effet que doivent, pro-duire la pesanteur et le frottement, des particules. D’ailleursquand on aurait démêlé dans un seul cas les effets de chacune deces forces et la loi qu’elles sùivent, serait-on bien fondé à con-clure que dans un cas où les particules agiraient tout autrementtant par leur nombre que par leur direction, leur disposition etleur vitesse, la loi des effets ne serait pas toute différente ?. Celte