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Tome premier.
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338 ÉLËMENS

voyé , ou de celui qu’il allait voir, et qui avait trouvé la manièrela plus philosophique de jouir de la nature et des hommes, euétudiant l’une et en se moquant des autres.

Cependant les anciens paraissent avoir cultivé la physique quenous appelons vulgaire, préférablement à celle que nous avonsnommée physique occulte, et qui est proprement la phjsiqueexpérimentale. Ils se contentaient de lire dans le grand livre dela nature, toujours ouvert pour eux ainsi que pour nous; maisils y lisaient assidûment, et avec des yeux plus attentifs et plussûrs que nous ne l’imaginons; plusieurs faits qu’ils ont avancés,et qui d’abord avaient été démentis par les modernes, se sonttrouvés vrais quand on les a mieux approfondis. La méthode quesuivaient les anciens , en cultivant l’observation plus que l’expé-rience, était très-philosophique, et la plus propre de toutes àfaire faire à la physique les plus grands progrès dont elle fût ca-pable dans ce premier âge de l’esprit humain. Avant d’employer,et d’user notre sagacité pour chercher un fait dans des combi-naisons subtiles, il faut être bien assuré que ce fait n’existe pasautour de nous et sous notre main ; comme il faut en géométrieréserver ses efforts pour trouver ce qui n’a pas été résolu pard’autres. Tout est lié si intimement dans la nature , qu’unesimple collection de faits, bien riche et ,bien variée, avanceraitprodigieusement nos connaissances ; et s’il était possible de rendrecette collection complète, ce serait peut-être le seul travail au-quel le physicien dût se borner : c’est au moins celui par lequelil faut qu’il commence; et telle est la méthode que les anciensont suivie. Les plus sages d’entre eux ont fait la table de cequ’ils voyaient, l’ont bien faite et s’en sont tenus là. Ils n’ontconnu de l’aimant que sa propriété la plus facile à découvrir,celle d’attirer le fer; les merveilles de l’électricité qui les entou-raient, et dont on trouve quelques traces dans leurs ouvrages,ne les ont point frappés, parce que pour être frappé de ces mer-veilles il eût fallu en voir le rapport à des faits plus cachés, quel’expérience a su nous dévoiler dans ces derniers temps. Car l’ex-périence, parmi plusieurs avantages, a celui d’étendre le champde l’observation. Un phénomène que l’expérience nous apprend ,ouvre nos yeux sur une infinité d’autres qui ne demandaientqu’à être aperçus. L’observation, par la curiosité qu’elle inspireet par les vides qu’elle laisse, mène à l’expérience; l’expérienceramène à l’observation par la même curiosité qui cherche aremplir et à serrer de plus en plus ces vides : ainsi on peutregarder l’expérience et l’observation comme la suite et le com-plément l’une de l’autre.

Les anciens ne paraissent avoir cultivé l’expérience que par