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Tome premier.
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DE PHILOSOPHIE. 33g

rapport aux arts, et nullement pour satisfaire, convoie nous,une curiosité purement philosophique. Ils ne décomposaient etne combinaient les corps que pour en tirer des usages utiles ouagréables, sans chercher beaucoup à en connaître le jeu ni lastructure. Ils ne s’arrêtaient pas même sur les détails dans ladescription qu’ils faisaient des corps; et s’ils avaient besoin d’êtrejustifiés sur ce point, ils le seraient peut-être suffisamment parle peu d’utilité que les modernes ont trouvé à suivre une mé-thode contraire. C’est dans l’histoire des animaux d’Aristote qu’ilfaut chercher le vrai goût de physique des anciens, plutôt quedans ses autres ouvrages, où il est moins riche en faits et plusabondant en paroles, plus raisonneur et moins instruit. Car telleest tout à la fois la sagesse et la manie du philosophe ; tant quela collection des matériaux est facile et abondante, il n’est guèreoccupé que du soin de les recueillir et de les mettre en ordre ;mais à l’instant qu’ils lui manquent, il commence aussitôt àdiscourir ; obligé même , ce qui lui arrive souvent , de se con-tenter d’un petit nombre de matériaux, il est toujours tenté d’enformer un corps, et de délayer en un système de science, ou enquelque chose du moins qui en ait la forme, un petit nombrede connaissances imparfaites et isolées.

Néanmoins, en avouant que cet esprit peut avoir présidé jus-qu à un certain point aux ouvrages physiques d’Aristote, nemettons pas sur son compte l’abus que les modernes en ont faitdurant les siècles d’ignorance qui ont duré si long-temps, nitoutes les inepties que les commentateurs ont voulu donner pourles opinions de ce grand homme. Nous ne parlons ici de ces tempsténébreux, que pour faire mention, en passant, de quelques géniessupérieurs, qui, abandonnant cette méthode vague et obscure dephilosopher, laissaient les mots pour les choses, et cherchaientdans leur sagacité et dans l’étude de la nature des connaissancesplus réelles. Le moine Bacon, trop peu connu et trop peu luaujourd’hui, doit être mis au nombre de ces esprits du premierordre; dans le sein de la plus profonde ignorance, il sut par laforce de son génie s’élever au-dessus de son siècle , et le laisserbien loin derrière lui : aussi fut-il persécuté par ses confrères,et regardé par le peuple comme un magicien, à peu près commeGerbert l’avait été près de trois siècles auparavant pour ses in-ventions mécaniques; avec cette différence que Gerbert devintpape, et que Bacon resta moine et malheureux.

Au reste, le petit nombre de grands génies, qui étudièrentainsi la nature en elle-même jusqu’à la renaissance proprementdite de la philosophie, ne cultivaient pas à beaucoup près danstoute son étendue la physique expérimentale. Chimistes plutôt