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Tome premier.
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362 SÛR LE SYSTÈME

quement sur la théorie différeront toujours assez peu des tablesnewtoniennes, dont on a jusqu’ici fait usage, et qui elles-mêmesne s’écartent que peu des observations. Ce qui suffit pour démon-trer que la gravitation de la lune vers le soleil est la principaleet peut-être l’unique cause sensible des irrégularités de cette pla-nète , et que si d’autres forces se joignent à celle-là, leur effet, ouinconnu , ou non calculé jusqu’ici , est infiniment moins consi-dérable.

Je ne doute point que par la comparaison des différentes tablesque la théorie pourra produire dans la suite , ou ne parvienne àconnaître plus exactement les monvemens de la lune. Mais pourmettre les astronomes plus à portée de juger de l’exactitude demes tables, et des corrections qu’il sera à propos de leur faire,j’ai construit des tables à part de toutes les différences qui setrouvent entre les équations de Newton et les miennes , et deséquations qui me sont particulières. Ainsi après avoir calculé lelieu de la lune par les tables newtoniennes les plus exactes quiaient été données jusqu’ici, et que je crois être celles des Insti-tutions astronomiques de Le Monnier, et après avoir pris la diffé-rence du lieu calculé et du lieu observé, on pourra s’assurer ai-sément et promptement, si en ayant recours aux tables des dif-férences, on approchera davantage des observations.

Pour faciliter l’avancement d’une partie aussi importante del’astronomie que la théorie de la lune, j’exhorte tous ceux quiont calculé ou qui calculeront dans la suite des tables de celleplanète , soit d’après la théorie , soit d’après les observations , àformer de même des tables à part des différences de leurs résul-tats avec ceux des Institutions astronomiques. Par ce moyen ,non-seulement on reconnaîtra bientôt quelles seront les tables quel’on devra préférer aux autres , mais il sera même facile , avec lesecours des observations, de rendre les différences les moindresqu’il sera possible, et de perfectionner ainsi de nouveau ces ta-bles même.

Je n’entrerai point ici sur ces différens objets dans un plusgrand détail que je réserve pour mon ouvrage, et d’après lequelmon travail doit être jugé par ceux à qui il appartient d’en con-naître. Mais il est un point important dans la théorie de la lune,sur lequel je ne puis me dispenser de m’étendre ici, à cause desdiscussions géométriques et philosophiques auxquelles il a donnelieu ; c’est le mouvement de l’apogée.

L’apogée de la lune, c’est-à-dire le point ou elle est le pluséloignée de la terre , n’est pas fixe dans le ciel ; il répond succes-sivement à différens degrés du zodiaque , et sa révolution , sui-vant l’ordre des signes, s’achève dans l’espace d’environ neuf