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Tome premier.
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DE L’ÉQUILIBRE. 3ç,3

à l’élever, sans donner à ses fondemens toute la solidité con-venable.

Je me suis jiroposé dans cet ouvrage de satisfaire à ce doubleobjet, de reculer les limites de la mécanique, et d’en aplanirl’abord ; et mon but principal a été de remplir en quelque sorteun de ces objets par l’autre, c’est-à-dire, non-seulement dedéduire les principes de la mécanique des notions les plus claires,mais de les appliquer aussi à de nouveaux usages ; de faire voirtout à la fois, et l’inutilité de plusieurs principes qu’on avaitemployés jusqu’ici dans la mécanique , et l’avantage qu’on peuttirer de la combinaison des autres pour le progrès de cettescience; en un mot, d’étendre les principes en les réduisant.Telles ont été mes vues dans le traité que je mets au jour. Pourfaire connaître au lecteur les moyens par lesquels j’ai tâché deles remplir, il ne sera peut-être pas inutile d’entrer ici dans unexamen raisonné de la science que j’ai entrepris de traiter.

Le mouvement et ses propriétés générales sont le premier etle principal objet de la mécanique ; cette science suppose l’exis-tence du mouvement, et nous la supposerons aussi commeavouée et reconnue de tous les jahysiciens. A l’égard de la naturedu mouvement, les philosophes sont au contraire fort partagéslà-dessus. Rien n’est plus naturel, je l’avoue, que de concevoirle mouvement comme l’application successive du mobile auxdifférentes parties de l’espace indéfini, que nous imaginonscomme le lieu des corps : mais cette idée suppose un espacedont les parties soient pénétrables et immobiles f or personnen’ignore que les Cartésiens, secte qui à la vérité n’existe presqueplus aujourd’hui, ne reconnaissent point d’espace distingué descorps, et qu’ils regardent l’étendue et la matière comme unemême chose. Il faut convenir qu’en partant d’un pareil principe,le mouvement serait la chose la plus difficile à concevoir , etqu’un Cartésien aurait peut-être beaucoup plutôt fait d’en nierl’existence, que de chercher à en définir la nature. Au reste,quelque absurde que nous paraisse l’opinion de ces philosophes,et quelque peu de clarté et de précision qu’il y ait dans lesprincipes métaphysiques sur lesquels ils s’efforcent de l’appuyer,nous n’entreprendrons point de la réfuter ici : nous nous con-tenterons de remarquer que pour avoir une idée claire du mou-vement , on ne peut se dispenser de distinguer au moins parl’esprit deux sortes d’étendue : l’une qui soit regardée commeimpénétrable , et qui constitue ce qu’on appelle proprement lescorps ; l’autre, qui étant considérée simplement comme étendue,sans examiner si elle est pénétrable ou non , soit la mesure dela distance d’un corps à un autre, et les parties envisagées comme