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Tome premier.
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UE L’EQUILIBRE. 3 9 5

géométrie seule ne peut rien fic^js apprendre, et c’est aussi cequ’on peut regarder comme le premier problème qui appartienneimmédiatement à la mécanique.

On voit d’abord fort clairement qu’un corps ne peut se donnerle mouvement à lui-même. 11 ne peut doue être tiré du reposque par l’action de quelque cause étrangère. Mais continue-t-il àse mouvoir de lui-même, ou a-t-il besoin, pour se mouvoir, del’action répétée de la cause ? Quelque parti qu’on pût prendrelà-dessus , il sera toujours incontestable que l’existence du mou-vement étant une fois supposée sans aucune autre hypothèseparticulière , la loi la plus simple qu’un mobile puisse observerdans son mouvement, est la loi d’uniformité, et c’est par consé-quent celle qu’il doit suivre, comme on le verra plus au longdans le premier chapitre de ce traité. Le mouvement est doncuniforme par sa nature : j’avoue que les preuves qu’on a donnéesjusqu’à présent de ce principe ne sont peut-être pas fort convain-cantes : on verra dans mon ouvrage les difficultés qu’on peut yopposer , et le chemin que j’ai pris pour m’engager à les ré-soudre. Il me semble que cette loi d’uniformité essentielle aumouvemeitf considéré en lui-même, fournit une des meilleuresraisons sur lesquelles la mesure du temps par le mouvementuniforme puisse être appuyée. Aussi j’ai cru devoir entrer là-dessus dans quelque détail, quoiqu’au fond cette discussionpuisse paraître étrangère à la mécanique.

La force d'inertie , c’est-à-dire la propriété qu’ont les corpsde persévérer dans leur état de repos ou de mouvement, étantune fois établie, il est clair que le mouvement, qui a besoind’une cause pour commencer au moins à exister, ne saurait nonplus être accéléré ou retardé que par une cause étrangère. Orquelles sont les causes capables de produire ou de changer lemouvement dans les corps? Nous n’en connaissons jusqu’à pré-sent que de deux sortes : les unes se manifestent à nous en mêmetemps que l’effet qu’elles produisent, ou plutôt dont elles sontl’occasion : ce sont celles qui ont leur source dans l’action sen-sible et mutuelle des corps , résultante de leur impénétrabilité :elles se réduisent à l’impulsion et à quelques autres actions dé-rivées de celle-là : toutes les autres causes ne se font connaîtreque par leur effet, et nous eu ignorons entièrement la nature :telle est la cause qui fait tomber les corps pesans vers le centrede la terre , celle qui retient les planètes dans leurs orbites , etc.

Nous verrons bientôt comment on peut déterminer les effetsde 1 impulsion, et des causes qui peuvent s’y rapporter : pournous en tenir à celles de la seconde espèce, il est clair que