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Tome premier.
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DE L’ÉQUILIBRE. 4o3

des lois toutes différentes , mais en ce sens qu’il n’a pas jugé àpropos d’en établir d’autres que celles qui résultaient de l’exis-tence même de la matière.

Or, nous croyons avoir démontré, dans cet ouvrage, qu’uncorps abandonné à lui-même doit persister éternellement dansson état de repos ou de mouvement uniforme ; nous croyonsavoir démontré de même que s’il tend à se mouvoir à la foissuivant les deux côtés d’un parallélogramme quelconque,la diagonale est la direction qu’il doit jirendre de lui-même,et, pour ainsi dire , choisir entre toutes les autres. Nousavons démontré enfin que toutes les lois de la communicationdu mouvement entre les corps se réduisent aux lois de l’équi-libre, et que les lois de l’équilibre se réduisent elles-mêmes àcelles de l’équilibre de deux corps égaux, animés en sens con-traires de vitesses virtuelles égales. Dans ce dernier cas, lesmouvemens des corps se détruiront évidemment l’un l’autre,et, par une conséquence géométrique, il y aura encore néces-sairement équilibre, lorsque les masses seront en raison in-verse des vitesses ; il ne reste plus qu’à savoir si le cas del’équilibre est unique , c’est-à-dire , si, quand les masses ne se-ront pas en raison inverse des vitesses , un des corps devranécessairement obliger l’autre à se mouvoir. Or il est aisé desentir que dès qu’il y a un cas possible et nécessaire d’équi-libre , il ne saurait y en avoir d’autres : sans cela les lois duchoc des corps, qui se réduisent nécessairement à celles del’équilibre , deviendraient indéterminées ; ce qui ne sauraitêtre , puisqu’un corps venant en choquer un autre , il doit né-cessairement en résulter un effet unique, suite indispensablede l’existence et de l’impénétrabilité de ces corps. On peutd’ailleurs démontrer l’unité de la loi de l’équilibre par unautre raisonnement, trop mathématique pour être développédans ce discours.

i De toutes ces réflexions, il s’ensuit que les lois de la sta-tique et de la mécanique, exposées dans ce livre, sont cellesqui résultent de l’existence de la matière et du mouvement.Or, l’expérience nous prouve que ces lois s’observent en effetdans les corps qui nous environnent. Donc les lois de l’équi-libre et du mouvement, telles que l’observation nous les fait con-naître , sont de vérité nécessaire. Un métaphysicien se conten-terait peut-être de le prouver, en disant qu’il était de la sa-gesse du Créateur et de la simplicité de ses vues, de ne pointétablir d’autres lois de l’équilibre et du mouvement, que cellesqui résultent de l’existence même des corps et de leur im-pénétrabilité mutuelle; mais nous avons cru devoir nous abs-