4o6 SUR LES LOIS DE L’ÉQUILIBRE.
Au reste, comme cette seconde partie est destinée principa-lement à ceux qui, déjà instruits du calcul différentiel et inté-gral , se seront rendu familiers les principes établis dans la pre-mière , ou seront déjà exercés à la solution des problèmes con-nus et ordinaires de la mécanique, je dois avertir que , pouréviter les circonlocutions, je me suis souvent servi du terme obs-cur de force, et de quelques autres qu’on emploie communé-ment quand on traite du mouvement des corps ; mais je n’ai ja-mais prétendu attacher à ces termes d’autres idées que cellesqui résultent des principes que j’ai établis, soit dans ce discours,soit dans la première partie de ce traité.
Enfin , du même principe qui me conduit à la solution detous les problèmes de dynamique, je déduis aussi plusieurspropriétés du centre de gravité, dont les unes sont entièrementnouvelles, les autres n’ont été prouvées jusqu’à présent qued’une manière vague et obscure ; et je termine l’ouvrage parune démonstration du principe appelé communément la con-servation des forces vives.
EXPOSITION
DU TRAITÉ DE L’ÉQUILIBRE,
ET DU MOUVEMENT DES FLUIDES.
Les propriétés sensibles des corps qui nous environnent, ontentre elles des rapports plus ou moins marqués , dont la con-naissance est presque toujours le terme prescrit à nos lumières,et doit être par conséquent notre principal objet dans l’étudede la physique. En vain l’expérience nous instruira-t-elle d’ungrand nombre de faits : des vérités de cette espèce nous serontpresque entièrement inutiles, si nous ne nous appliquons avecsoin à en trouver la dépendance mutuelle, à saisir, autantqu’il est possible, le tronc principal qui les unit, à découvrirmême, par leur moyen, d’autres faits plus cachés , et qui sem-blaient se dérober à nos recherches. Tel est le but que le physi-cien doit se proposer; telles sont les vues par lesquelles il peutse montrer vraiment philosophe.
Ce petit nombre de réflexions suffit, ce me semble, pour