Band 
Tome premier.
Seite
407
JPEG-Download
 

SUR LE MOUVEMENT DES FLUIDES. 407prouver combien il est à propos d’unir la géométrie à la phy-sique. C’est par le secours de la géométrie qu’on parvient <àdéterminer exactement la quantité d’un elFet compliqué, etdépendant d’un autre effet mieux connu : cette science nous estpar conséquent presque toujours nécessaire dans la comparai-son et l’analyse des faits que l’expérience nous découvre. Ilfaut avouer néanmoins que les différens sujets de physique nesont pas également susceptibles de l’application de la géométrie.Si les observations qui servent de base au calcul, sont ep petitnombre, si elles sont simples et lumineuses, le géomètre saitalors en tirer le plus grand avantage, et en déduire les con-naissances physiques les plus capables de satisfaire l’esprit. Desobservations moins parfaites servent souvent à le conduire dans.ses recherches , et à donner à ses découvertes un nouveau degréde certitude : quelquefois même les raisonnemens mathéma-tiques peuvent l’instruire et l’éclairer, quand l’expérience estmuette, ou ne parle que d’une manière confuse. Enfin, si lesmatières qu’il se propose de traiter, ne laissent aucune priseà ses calculs, il se réduit alors aux simples faits dont les ob-servations l’instruisent : incapable de se contenter de fausseslueurs 'quand la lumière lui manque , il n’a point recours àdes raisonnemens vagues et obscurs, au défaut de démonstra-tions rigoureuses.

Newton, qui a été incontestablement le plus grand physi-cien de son siècle, n’est parvenu à ce degré de gloire quepour avoir constamment suivi une pareille méthode. Les dé-couvertes dont ce grand homme a enrichi la physique, mon-trent assez qu’il est le modèle que nous devons nous proposer,si nous voulons faire quelques progrès dans cette science, etque nos succès dépendront de notre exactitude à ne point nousécarter des règles que nous venons d’établir.

La matière que j’entreprends de traiter dans cet ouvrageest peut-être une de celles où ces règles peuvent le mieux s’ap-pliquer. Dès les premiers pas qu’on veut faire dans la théoriedes fluides, on s’aperçoit aisément combien le secours de l’ex-périence est nécessaire pour en connaître les propriétés. Maischercherons-nous à nous éclairer dans un sujet si compliquépar des expériences multipliées à l’infini ? presque toutes cellesque nous pouvons tenter sur cette matière, sont si mêlées decirconstances qui nous éloignent de la précision , et nous dé-robent, pour ainsi dire, la vérité, qu’elles 11e doivent êtreregardées, pour la plupart, que comme un moyen de confir-mer et d’appuyer, nos calculs. L’art consiste donc à les ré-duire et à les simplifier pour en former un véritable corps de