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Tome premier.
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DES FLUIDES. 4 n

notre Dynamique pour déterminer le mouvement d’un systèmede corps qui agissent les uns sur les autres, est de regarder lavitesse avec laquelle chaque corps tend à se mouvoir commecomposée de deux autres vitesses, dont l’une est détruite, etl’autre ne nuit point au mouvement des corps adjacens. Pourappliquer cette méthode à la question dont il s’agit ici, nousdevons examiner d’abord quels doivent être les mouvemens desparticules du fluide , pour que ces particules 11e se nuisentpoint les unes aux autres. Or l’expérience, de concert avec lathéorie, nous fait connaître que quand un fluide s’écoule d’unvase , sa surface supérieure demeure toujours sensiblement ho-rizontale : d’où l’on peut conclure que la vitesse de tous les pointsd’une même tranche horizontale, estimée suivant le sens ver-tical , est la même dans tous ces points, et que cette vitesse ,qui est, à proprement parler , la vitesse de la tranche , doit êtreen raison inverse de la largeur de cette même tranche, pourqu’elle ne nuise point au mouvement des autres. Par ce prin-cipe combiné avec le principe général, j’ai réduit fort aisémentaux lois de l’hydrostatique ordinaire les problèmes qui ontpour objet le mouvement des fluides, comme j’avais réduit lesquestions de dynamique aux lois de l’équilibre des corps so-lides.

Il me paraît inutile de démontrer ici fort au long le peu desolidité d’un principe employé autrefois par presque tous lesauteurs d’hydraulique, et dont plusieurs se servent encore au-jourd’hui pour déterminer le mouvement d’un fluide qui sortd’un vase. Selon ces auteurs , le fluide qui s’échappe à chaqueinstant est pressé par le poids de toute la colonne de fluide dontil est la base. Cette proposition est évidemment fausse, lorsquele fluide coule dans un tuyau cylindrique entièrement ouvertet sans aucun fond. Car la liqueur y descend alors comme feraitune masse solide et pesante, sans que ses parties, qui se meu-vent toutes avec une égale vitesse, exercent les unes sur lesautres aucune action. Si le fluide sort du tuyau par une ou-verture faite au fond , alors la partie qui s’échappe à chaquemstant, peut à la vérité souffrir quelque pression par l’actionoblique et latérale de la colonne qui appuie sur le fond; maiscomment prouvera-t-on que cette pression est précisément égaleau poids de la colonne du fluide qui aurait l’ouverture du fondl>our base ?

Je ne m’arrêterai point non plus à faire voir ici dans un grand1 etail , avec quelle facilité on déduit de mes principes la solu-tion de plusieurs problèmes fort difficiles qui ont rapport à lamatière que je traite , comme la pression des fluides contre les