DES FLUIDES. 4i5
Les principes dont je me suis servi pour de’terminer le mou-vement des fluides non élastiques, s’appliquent avec une ex-trême facilité aux lois du mouvement des fluides élastiques :j’ai donc cru devoir m’étendre particulièrement sur ce sujet,qu’on peut regarder comme nouveau , puisque Daniel Bernoullidans son Hydrodynamique s’est contenté d’examiner en peu demots, et par une méthode indirecte, le mouvement d’un fluideélastique qui sort d’un vase par une seule ouverture fort petite ,en supposant la chaleur constante, et l’élasticité proportionnelleà la densité.
Le mouvement d’un fluide élastique diffère de celui d’unfluide ordinaire, principalement par la loi des vitesses de sesdifférentes couches. Ainsi, par exemple, lorsqu’un fluide nonélastique coule dans un tuyau cylindrique , comme il ne changepoint de Volume, ses différentes tranches ont toutes la mêmevitesse. Il n’en est pas de même d’un fluide élastique. Car s’ilne se dilate que d’un côté, les tranches inférieures se meuventplus vite que les supérieures, à peu près comme il arrive àun ressort attaché à un point fixe , et dont les parties parcou-rent en se dilatant d’autant moins d’espace qu’elles sont plusproches de ce point. Telle est la différence principale qu’ildoit y avoir dans la théorie du mouvement des fluides élasti-ques, et de ceux qui ne le sont pas. La méthode pour trouverles lois de leur mouvement, et les principes qu’on emploie pourcela , sont d’ailleurs entièrement semblables.
C’est aussi en suivant cette même méthode que j’ai examinéle mouvement des fluides dans des tuyaux flexibles; matièreentièrement nouvelle , mais dont j’ai été obligé d’exposer sim-plement les principes, en les appliquant seulement à quelquescas particuliers, à cause dë l’extrême complication de calculs,où une recherche plus étendue n’aurait pas manqué de mejeter ; ce qui n’aurait servi qu’à remplir inutilement plusieurspages de caractères algébriques, sans instruire davantage lelecteur.
Je suis , au reste , bien éloigné de penser que la théorie quej’ai établie sur le mouvement des fluides dans des tuyauxflexibles, puisse nous conduire à la connaissance de la méca-nique du corps humain, de la vitesse du sang, de son actionsur les vaisseaux dans lesquels il circule, etc. Il faudrait pourréussir dans une telle recherche , savoir exactement jusqu’àquel point les vaisseaux peuvent se dilater, connaître parfaite-ment leur figure, leur élasticité plus on moins grande , leursdifférentes anastomoses, le nombre, la force et la dispositionde leurs valvules, le degré de chaleur et de ténacité du sang,