4^4 SUR LA CAUSE
la ligne par où passe le soleil ou la lune ; toutes ses partiesaccourront, si on peut s’exprimer ainsi , pour s’approcher deces points , avec d’autant plus de vitesse qu’elles en seront plusproches. Transformons maintenant le fluide dont il s’agit ennotre atmosphère ; il est évident que ce flux ou ce transport deses parties produira ce que nous appelons du vent.
On peut expliquer par là , pour le dire en passant , commentl’élévation et l’abaissement des eaux de la mer se fait aux mêmesinstans dans les points opposés d’un même méridien. Quoiquece phénomène soit une conséquence nécessaire du système deNewton , et que ce grand géomètre l’ait même expressémentremarqué, cependant les Cartésiens soutiennent, depuis un demi-siècle , que si l’attraction produisait le flux et reflux , les eauxde l’Océan , lorsqu’elles s’élèvent dans notre hémisphère , de-vraient s’abaisser dans l’hémisphère opposé. La preuve simpleet facile que je viens de donner du contraire , sans figure etsans calcul , anéantira peut-être enfin pour toujours une objec-tion aussi frivole , qui est pourtant une des principales de cettesecte contre la théorie de la gravitation universelle.
Les mouvemens de l’air et de l’Océan, au moins ceux quinous sont sensibles , ne proviennent donc point de l’action totaledu soleil et de la lune , mais de la différence qu’il y a entre l’ac-tion de ces astues sur le centre de la terre , et leur action surle fluide tant supérieur qu’inférieur ; c’est cette différence quej’appellerai dans toute la suite de ce discours , action solaire oulunaire. Newton nous a appris à calculer chacune de ces deuxforces , et à les comparer avec la pesanteur. Il a démontré parla théorie des forces centrifuges , et par la comparaison entrele mouvement annuel de la terre et son mouvement diurne ,que l’action solaire était à la pesanteur , environ comme i à128682000:4 l’égard de l’action lunaire, il ne l’a pas aussiexactement déterminée , parce qu’elle dépend de la masse de lalune , qui n’est pas encore suffisamment connue ; cependant,fondé sur quelques observations des marées , il suppose l’actionlunaire environ quadruple de celle du soleil. Si on peut espérerde la connaître plus parfaitement, c’est sans doute en perfec-tionnant la théorie du mouvement de la lune ; et je crois qu’ilne sera pas impossible de parvenir à cette découverte par uneméthode fort simple , pourvu que les observations qui servi-ront d’élémens soient assez exactes. Mais ce n’est pas ici le lieude m’étendre là-dessus (1).
Cl) Voici en peu de mots l’idc ! e de cette méthode. Pour trouver l'orbiteapparente que la lune décrit autour de la terre, il faut non-seulement avoiregard à l'action de la terre et du soleil sur la lune, il faut encore faire atten-