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Tome premier.
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DES VENTS. 4a5

Quoi qu’il en soit , lorsqu’on voudra déterminer l’effet del’action réunie du soleil et de la lune , ou sur l’atmosphère ,ou sur tout autre fluide , dont on imaginera la terre couverte ,il suffira de trouver l’effet qui résulte de l’action seule du soleil.Car l’effet qui proviendra de l’action seule de la lune , sera tou-jours en rapport à peu près constant avec celui qui proviendrade l’action seule du soleil , c’est-à-dire dans le rapport de l’ac-tion lunaire à l’action solaire. D’ailleurs, l’action solaire étanttrès-petite par rapport à la pesanteur , elle ne doit changer quetrès-peu la figure du fluide ; par conséquent l’action de la lune ,considérée indépendamment de celle du soleil, doit être à peuprès la même, soit quand elle est jointe , soit quand elle n’estpas jointe à celle du soleil. Donc si on cherche d’abord l’effetseul de l’action solaire , il sera facile ensuite de connaître l’effetde l’action lunaire , et de déterminer enfin par les principesconnus de la mécanique , l’effet composé qui résultera de l’uneet de l’autre. C’est pour cette raison que l’action solaire sera laseule dont nous parlerons dans la suite de ce discours.

Si le fluide que l’action solaire tend à élever, n’était pas sup-posé d’une figure sphérique , il pourrait se faire que cette actionn’y produisît aucun mouvement. En effet, combinant l’actionsolaire sur chaque point de la surface , avec la force de lapesanteur qui agit vers le centre du globe , on réduira aisé-ment ces deux forces en une seule , dont on aura la direction ;et si la figure du fluide était telle , que cette direction fût par-tout perpendiculaire à la surface , on sait par les principes del’hydrostatique , que cette surface resterait alors en équilibre.Or comme les parties du fluide tendent sans cesse à l’état derepos , la figure dont il s’agit est celle que sa surface exté-rieure doit chercher à prendre , et pour ainsi dire , affecter :il faut donc s’appliquer d’abord à déterminer cette figure. On

don à l’action de la lune sur la terre ; ou, ce qui revient au même, il fautsupposer que la lune, outre l’action que le soleil exerce sur elle, soit encoretirée vers le centre de la terre par une masse égale à celle de la terre et de lalune, prises ensemble. Donc connaissant, par exemple, la distance de lalune apogée ou périgée, et sa vitesse, on pourra facilement exprimer la ré-volution périodique de la lune par une formule analytique, dans laquelle iln’entrera d’inconnue que la masse de cet astre. On égalera ensuite l’expres-sion tirée de cette formule à celle de la révolution périodique qu’on aura parobservation : par là on connaîtra la masse de la lune. Tonte la difficulté estde savoir si cette masse est assez considérable pour pouvoir être déterminéepar une telle méthode. Or je trouve qu’en supposant l’action lunaire qua-druple de l’action solaire, et l’orbite de la lune tris-peu elliptique, la niassede la lune serait à celle de la terre, à peu près comme i à 45, et qu» l’action dela lune sur la terre devrait accélérer la révolution périodique de plus d’un jour.