DES ÉQUINOXES. 44 7
cessaire de ne se borner à aucune hypothèse particulière sur cesujet, que les observations ne nous ont encore rien appris sur lafigure ni sur la densité des couches intérieures de notre globe,quoiqu’elles nous aient fait connaître à peu près sa figure exté-rieure. Mais il nie semble d’un autre côté que la généralité denotre supposition doive rendre la solution du problème tout-à-fait indéterminée. Car le mouvement que l’action du soleil etcelle de la lune impriment à l’axe de la terre, dépend beaucoupde la figure et de l’arrangementdes couches intérieures. Or dansl’ignorance où nous sommes sur cet arrangement et sur le rap-port de la force du soleil à celle de la lune, comment pourrons-nous assurer que la précession des équinoxes doit être en effetde 5o"? Heureusement la découverte de Bradley sur la nu-tation nous met en état de résoudre une partie de ces difficultés.Car quoique nous ignorions la constitution intérieure de notreglobe, la théorie, d’accord avec les observations, nous apprendque la précession annuelle vient de l’action réunie du soleil etde la lune, et qu’au contraire la nutation et l’équation de laprécession doivent être attribuées à l’action de la lune seule. Lecalcul montre de plus que, quelque arrangement qu’on supposedans les différentes couches de la terre, la quantité de la nuta-tion -et de la précession annuelle auront toujours entre elles lemême rapport, quoique leurs valeurs absolues varient danschaque hypothèse. D’où il s’ensuit que sans connaître l’arrange-ment des parties de la terre , on peut trouver le rapport des forcesdu soleil et de la lune, en comparant la quantité observée de lanutation avec la quantité observée de la précession. Je trouve parcette méthode que la force lunaire est à celle du soleil, à peuprès comme 7 à 3, rapport qui est beaucoup moindre que celuide Newton, et presque le même que celui de Daniel Bernoulli,mais qui est déduit, ce me semble , de principes plus exacts. Jeregarde cette découverte , si c’en est une , comme un des avan-tages les plus importans qu’on puisse tirer de ma théorie. Brad-ley s’est flatté avec raison que les observations qu’il vient depublier pourraient y conduire ; c’est aux savans à juger si j’airempli $6n attente. Ce grand astronome, supposant avec les as-tronomes français la terre plus aplatie que dans le cas de l’ho-mogénéité, soupçonne que la force de la lune est moindre queNewton ne l’a trouvée ; ce qui doit en effet paraître assez vrai-semblable. Car plus la terre sera aplatie , plus la lune et le soleilagiront sensiblement pour mouvoir son axe; ainsi puisque laquantité de la précession est de5o", et que la force du soleilest connue , il faudra diminuer la force de la lune à mesurequ’on supposera là terre plus aplatie. Mais ce raisonnement, qui