448 SUR LA PRÉCESSION
est sans doute bon en son genre, ne saurait nous conduire àde'terminer exactement la force de la lune, à cause du peu delumières que nous avons sur la forme du globe que nous habi-tons ; le moyen que j’ai employé me paraît plus direct et plussûr. J’avoue cependant qu’il suppose des observations très-exactes. Car si la nutation était seulement de 2 " plus grande , lerapport de la force lunaire à celle du soleil se trouverait beau-coup plus grand que je ne l’ai assigné , et beaucoup plus prèsde celui de Newton. Mais le peu d’altération que la lune paraîtcauser dans le mouvement annuel de la terre autour du soleil,suffirait peut-être pour montrer que la force de la lune est eneffet beaucoup moindre que Newton ne l’a cru. D’un autre côté,par les observations du flux et reflux, la force de la lune sur laterre paraît plus grande que celle du soleil ; or le rapport de 7à 3 que nous avons trouvé entre les deux forces satisfait à cesdeux conditions. Je crois donc que l’on peut compter pour leprésent sur l’exactitude des observations de Bradley, en remar-quant seulement que la quantité de la nutation a besoin d’êtredéterminée avec la précision la plus rigoureuse.
A l’égard de la densité et de la figure des couches de la terre,je ne vois pas que mes calculs puissent servir à la découvrir; caron peut faire apparemment une infinité d’hypothèses , danslesquelles on trouverait 5o" pour la quantité de la précessionannuelle des équinoxes ; et dans un si grand nombre de suppo-sitions , celle que nous devons choisir nous est inconnue. Maispar la même raison il y en a une infinité d’autres qui doiventêtre exclues , comme donnant une quantité trop grande ou troppetite pour le mouvement annuel des points équinoxiaux. Cetteconsidération m’a conduit à des remarques singulières et cu-rieuses. On verra, par exemple , que si la terre était un corpsentièrement solide, et composé de couches elliptiques différem-ment denses, il faudrait qu’elle fût beaucoup moins aplatiequ’elle n’est en effet, pour que la précession annuelle fûtde 5o". Celte remarque fournit, ce me semble, une nouvellepreuve de l’insuffisance des calculs de Newton ; elle paraît mêmed’abord contraire au système de l’attraction; mais bien appro-fondie , elle lui devient très-favorable. Car quand nous regarde-rions la terre comme entièrement formée de couches solides ,rien ne nous forcerait, ce me semble , à clonner à ces couchesla figure elliptique. Il paraît même douteux, par la comparaisondes degrés de France, de Laponie et du Pérou, que la surfaceextérieure de la terre ait une telle courbure. Mais, sans insistersur cette remarque, nous pouvons nous contenter d’observer quela terre est en partie solide et en partie fluide. Or, suivant le