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Tome premier.
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DÈS ÉQUINOXES. 44g

système de l’attraction, l’action du soleil et de la lune doit exci-ter dans la partie fluide un mouvement particulier, qui est eneffet connu et observé depuis long-temps sous le nom de flux etreflux : ce mouvement est, pour ainsi dire, affecté à la partiefluide et indépendant de celui qu’il doit y avoir dans la partiesolide du globe. Donc le mouvement de l’axe de la terre vientde l’action du soleil et de la lune sur la partie solide; ainsi,quoique la figure de la masse d’eau qui environne notre globe,dépende de la figure et de la densité des couches solides inté-rieures, ce n’est point à la figure de cette masse d’eau qu’on doits’arrêter, en cherchant la précessioft des équinoxes. Pour rendrecette vérité plus sensible par une hypothèse particulière et fortsimple, j’ai considéré la terre comme un sphéroïde elliptiquehomogène couvert d’une couche de fluide dont la profondeursoit très-petite , par rapport au rayon de la terre, et dont ladensité soit différente de celle de la partie solide ; et j’ai montréassez facilement comment on pourrait accorder, dans cette sup-position , l’aplatissement connu de la terre, avec le mouvementconnu des points équinoxiaux.

Comme la solution du problème qui fait l’objet de cet ouvrage,est très-longue et très-compliquée, tant par les principes qu’ellesuppose que par les calculs qu’elle exige , j’ai cru non-seulementdevoir exposer ces principes et ces calculs avec tout le détail ettoute la clarté nécessaires, mais aussi ne devoir rien négliger dece qui pouvait leur prêter un nouveau jour. Outre plusieursremarques particulières qui servent à les appuver , on trouveradans cet ouvrage une seconde solution du problème, qui est unpeu plus simple que la première, parce qu’elle est un peu moinsgénérale, mais qui d’ailleurs conduit aux mêmes formules,quoique par une route fort différente. Cette solution est suivied’un examen détaillé de la théorie de Newton sur la précessiondes équinoxes; examen où j’ai tâché de développer avec toutel’étendue convenable les réflexions que je me suis contenté d’in-diquer dans cette introduction.

Au reste , comme les équations que j’ai déduites de ma théoriene sont résolues que par approximation , et ne paraissent pou-voir l’être que de cette manière , j’espère que par une analyseencore plus exacte de mes formules , jointe au secours du tempset des observations, les philosophes pourront acquérir dans lasuite de nouvelles lumières sur un point si important de l’astro-nomie , et sur l’usage qu’on peut faire du système de l’attractionpour connaître les plus petits mouvemens de l’axe de la terre.Les moyens qu’on peut employer pour y parvenir, sont exposésen peu de mots à la fin de ces recherches.