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Tome premier.
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450
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45o SUR LA PRÉCESSION DES ÉQUINOXES.

Tel est le plan et l’objet de cet ouvrage ; et telle est la mé-thode que je me propose de suivre, en comparant avec le sys-tème newtonien les autres phe'nomènes célestes. C’est par unsemblable examen, par une analyse rigoureuse, qu’il faut jugerl’attraction, et non par des raisonnemens métaphysiques aussipeu propres à détruire une hypothèse qu’à l’établir. Il ne suffitpas à un système de satisfaire aux phénomènes en gros et d’unemanière vague, ni même de fournir des explications assez plau-sibles de quelques uns : les détails et les calculs précis en sontla pierre de touche; eux seuls peuvent apprendre s’il faut adop-ter une hypothèse, la rejeter, ou la modifier. Si parmi lesphénomènes que nous connaissons, ou parmi ceux que nousdécouvrirons dans la suite, il s’en trouve quelques uns de con-traires à l’attraction , nos géomètres en seront plus embarrassés,et nos métaphysiciens plus à leur aise. Mais, s’ils décidaient ensa faveur, il faudrait bien prendre le parti de l’admettre, fût-on forcé de reconnaître une nouvelle propriété dans la matière,et dût-on se résoudre à n’avoir pas une idée plus nette de lavertu par laquelle les corps s’attirent, que de celle par laquelleils se choquent.

Je ne dirai rien ici de l’explication que fournissent les tour-billons cartésiens de la précession des équinoxes. L’examen decette explication n’est point du ressort de cet ouvrage, et seraitd’ailleurs hors de saison , dans un temps où les hypothèses et lesconjectures vagues paraissent enfin bannies de la physique. Lesystème de Descartes n’a été, si on peut parler ainsi, qu’un feupassager ; mais c’est un feu qui a brillé dans la nuit la plus pro-fonde , et à cet égard il doit être regardé comme un monumentdu génie de son inventeur. Les sciences et l’esprit humain ont lesplus grandes obligations à ce philosophe ; ses erreurs mêmeétaient au-dessus de son siècle, et n’ont été que trop long-temps au-dessus du nôtre ; mais ses intérêts sont fort différensde ceux des sectateurs qui lui restent.

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