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Tome premier.
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SUR L’INOCULATION. 47»

sent que des connaissances très- imparfaites , faute de faits etd’observations suffisantes; par exemple, sur un certain nombrede personnes de cinquante ans , ou de tout autre âge , qui n’ontpas encore eu la petite vérole, on ignore combien il en mourrade cette maladie, année commune.

2 °. En supposant cette dernière probabilité connue, il faut,suivant les règles adoptées par les mathématiciens, la multiplierpar la probabilité qu’on sera encore vivant à chaque partie dutemps dont il s’agit. Cette probabilité , qu’on sera vivant à telâge, quel qu’il soit, est à peu près connue par les meilleurestables de mortalité publiées jusqu’à présent, et s’évalue par unefraction d’autant plus petite que cet âge est plus avancé : ainsi,comme cette probabilité multiplie celle d’avoir la petite vérole àcet âge , et d’en mourir, elle doit diminuer d’autant plus cettedernière, que l’âge où l’on pourra avoir cette maladie sera plusavancé ; car une fraction multipliée par une autre fraction de-vient d’autant plus petite , que la fraction qui la multiplie estmoindre.

3°. Plus le risque d’avoir la petite vérole et d’en mourir setrouvera placé loin du moment actuel d’où l’on commence àcompter, et qu’on suppose ici l’âge de trente ans, plus le désa-vantage qui résulte de ce risque doit s’affaiblir, et cela par uneconsidération très-importante ; c’est qu’on ne doit courir cerisque qu’après avoir vécu tout le temps qui précède ; plus cetemps sera long, plus le désavantage de mourir sera petit, puis-qu’on en sera d’autant plus près de la fin naturelle de sa carrière.Or de quelle manière et en quel rapport ce temps, plus oumoins long, doit-il modifier et diminuer le désavantage de mourirde la petite vérole à l’âge dont il s’agit ? C’est un problème queje prends la liberté de proposer aux plus habiles géomètres , etsur lequel je me flatte qu’ils seront un peu plus embarrassés queles mathématiciens dont je parlais il n’y a qu’un moment. Quantà moi, il me paraît presque impossible de déterminer ce rap-port , si ce n’est d’une manière purement hypothétique et très-vague. Je vois seulement,

i°. Que si le temps qui doit s’écouler entre l’instant actuel, etcelui où l’on mourra de la petite vérole , est peu considérable ,comme de quinze jours ou d’un mois, il ne doit point entrersensiblement en ligne de compte, puisqu’un risque de mortqu’on doit courir dans quinze jours ou dans un mois, est à peuprès le même que si on le devait courir dans l’instant ou dans lajournée.

2 °. Au contraire , si le temps est fort considérable , le désa-vantage sera prodigieusement diminué , et dans un rapport plus