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Tome premier.
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486
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486 RÉFLEXIONS

Cette défaite est encore, ce me semble , du genre de celles aux-quelles on a recours quand on ne veut pas être réduit au silence.11 y a apparence qu’elle serait ainsi jugée par ceux des ino-culateurs qui, comme nous le verrons plus bas , assurent quela petite vérole artificielle est absolument sans danger; ces mé-decins sont persuadés sans doute, ou qu’il y a des moyens deconnaître si celui qu’on veut inoculer n’a pas déjà la petite vé-role par contagion , ou que le danger de cette contagion , si elleexiste, sera prévenu par l’inoculation, promptement et sage-ment administrée.

§ Y. Quel parti chaque citojen doit prendre sur Vinoculation,en conséquence de tout ce qui a été dit jusqu’ici.

Coxcluoxs que celui qui accorde aux pères et mères quel’inoculation peut faire périr leurs enfans, s’ôte le droit de lesblâmer s’ils ne s’y soumettent pas. Mais ajoutons, car il ne fautrien outrer, que , dans cette supposition même , on n’aurait pasmoins de tort de blâmer ceux qui auraient le courage ou la pru-dence de courir ce risque, et de le préférer à celui d’attendrela petite vérole naturelle, cette maladie si commune, si redou-tée et si dangereuse. Si l’inoculation peut faire perdre la vie,et si en même temps elle préserve de la petite vérole naturelle,le parti que doit prendre tout homme sage est de ne donnerde conseil à personne, ni pour ni contre cette opération. Unpère , dans ces circonstances, ne doit pour la décision s’en rap-porter qu’à lui-même. Cette décision dépendra non-seulementdu degré auquel il aime son fils, mais de la manière dont ill’aime, si c’est, par exemple, comme sou fils, ou comme sonhéritier; si c’est par tendresse, ou seulement par devoir; sic’est comme son bien , ou comme le bien de l’Etat : la décisiondépendra encore des circonstances où ce père se trouve ainsique son fils, et qui peuvent le déterminer à hâter ou à sus-pendre celte opération ; de la proportion qu’il établira dans sonesprit, d’une part entre la nature des deux reproches dont ilcourt le rique , et de l’autre entre la probabilité qu’il a d’êtredans le cas de se les faire. Comme ce rapport est inappréciable,chacun peut l’estimer à son gré, suivant le degré et. 1 espècede sentiment dont il est pourvu, et se déterminer en consé-quence.

Si ce père a une nombreuse famille, cette considération ajoutebeaucoup dans la balance en faveur de l’inoculation, parce queplus il aura d’enfans, plus il est vraisemblable qu’il en perdraquelqu’un par la petite vérole naturelle. Cependant le reste de