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rant sa vie (21). Despréaux entreprit, conjointement avec R a_cine, un opéra , dans lequel ils crurent effacer ce poète qu’ilsméprisaient, cl montrer la facilité d’un genre d’ouvrage dont ils11e parlaient qu’avec dédain : Despréaux en fit le prologue, quepar malheur aucun musicien 11e put venir à bout de mettre eu* musique; Orphée même y aurait échoué (22). Notre poète nelaissa pas de le faire paraître avec une préface, oh l’on trouve,suivant l’expression musicale , des assertions aussi étranges quecelles de Pascal sur la beauU ! poétique ; grande leçon aux plusheureux génies, et de ne point forcer leur talent, et de se tairesur ce qu’ils ignorent. Mais lé trait le plus singulier de cettepréface, c’est la phrase par laquelle elle débute. On y lit, que■mesdames de Montespan et de Thianges, lasses des opéras deQuinault, proposèrent au roi de chercher un autre poète ly-rique. Mesdames de Montespan et de Thianges, lasses des opérasde Quinault! c’est-à-dire, ennuyées A’Alceste, A’A lys , deThésée et de Proserpine ; car, pour leur honneur, Armide n’exis-tait pas encore. C’est bien ici le cas du vers de la Métromanie :
Voilà de vos arrêts, messieurs les gens de goût!
L’espèce d’éloignement que Despréaux montra loujours pourQuinault, tenait à une cause secrète que le satirique ne puts’empêcher de laisser entrevoir. Lorsqu’ils se furent réconciliés,ou plutôt lorsque Despréaux se fut. réconcilié avec Quinault,car celui-ci fut toujours sans fiel , Quinault allait le voir quel-quefois ; et Despréaux disait de lui avec une sorte d’humeurnaïve et plaisante : Il ne s’est raccommodé avec moi que pourvenir me parler de ses vers, et il ne me. parle jamais des miens.
Despréaux n’avait pas la même plainte a faire de La Fontaine;le bonhomme, conservons-Iui ce nom si cher, cet aimable nomque Molière lui a donné, le bonhomme ne parlait jamais de sesvers , lui seul en ignorait le prix et. le charme. Mais pourquoiDespréaux ne l’a-t-il jamais nommé dans les siens ? pourquoimême , dans son Art Poétique, o\i il n’a pas dédaigné de parlerdu madrigal et du rondeau, n’a-t-il pas dit un mot de la fable 7comme s’il eût craint d’avoir à louer l’écrivain qui, parmi nous>a créé ce genre, et l’a créé tellement, qu’il y est encore incoin'parable après les eilorts de tant de fabulistes pour approcher delui ; écrivain dont la simplicité naïve , si fine et si vraie toidensemble, était bien fuite pour être sentie et célébrée par unaussi excellent juge que Despreaux, par celui qui a dit si bien :
Itien n’esl beau que le vrai, le vrai seul est aimable.
Despréaux prétendait, dit-011 , que La Fontaine 11’avait rien