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Tome deuxième.
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386
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386 NOTES SUR L’ÉLOGE

siins verve. Ik auraient dû nous dire ce qu’ils entendaient par cc mot ;car il s’en faut bien que tous ceux qui ont parle de la verve poétique ,et dont plusieurs ont seulement prouvé qu’ils ne l’avaient pas en par-tage , aient attaché à cc terme la même idée : nous citerons en preuve lasingulière définition qu’eu a donnée l’abbé Batteux , qui a tant écrit sur1 Art poétique ; cette définition appartient en propre à l’auteur, et n’arien de commun avec toutes les autres. « La verve poétique , dit-il dans» ses lettres sur la construction oratoire, consiste dans une certaine» marche vigoureuse, qui résulte de la multitude, de la force , de la» vivacité et de la liaison intime des idées, lesquelles enchâssées daus» certains intervalles symétriques, se poussent, s’attirent les unes auxa autres , ii peu près comme les sons dans le chant musical ; de manière» que l’esprit, toujours agréablement occupé par les images, et l’o-» refile par le nombre et la mélodie , se portent toujours en avant, et» jouissent sans cesse avec une nouvelle avidité de jouir. »

Le mémo académicien , dans la préface de la traduction d’Horace , arépété cette définition , qui sans doute lui a paru donner une idée netteet précise de la verve poétique. Si Despréaux a de la verve ou n’en apas, est-ce dans le sens du passago qu’on vient de lire? est-ce dans lesens de la définition moins savante et plus vulgaire que d’autres ontdonnée de la verve, en disant : que c’est dans le poète cette vive émo-tion qui lui représente avec chaleur l’objet qu’il doit peindre, et quirépand la vie sur ses tableaux ? Peu capables de prononcer sur cesquestions, nous les laisserons résoudre à ceux qui ont le bonheur quenous n’avons pus, de sentir la verve poétique, et le talent que nous n’a-vons guère de la définir.

Il n’a peut-être été jamais porté un jugement plus équitable etplus lumineux sur le mérite de Despréaux, que dans ce passage d’unelettre de Voltaire à Helvétius , tant regretté par ceux qui aiment lavertu , la philosophie et les lettres. « Je conviens avec vous, dit Vau -n leur de la Heuriade à son ami , que Despréaux n’est pas un poète» sublime; mais il a très-bien fait ce qu’il voulait faire. Il est clair,» facile, heureux dans ses expressions ; il ne s’élève guère, mais il ne.» tombe pas ; et d’ailleurs ses sujets ne comportent pas celte élévation

» dont ceux que vous traitez sont susceptibles.Je vous prêcherai

» donc éternellement cet art d’écrire qu’il a si bien enseigné, cc res-» poct pour la langue, celte suite d’idées, cette liaison, cet art aisé» avec lequel il conduit son lecteur, cc naturel qui est le fruit du génie. »

Nous serait-il permis d’ajouter h ce bel éloge de Despréaux, fait parun excellent juge en poésie, une observation qui relève encore le mérite«le cet illustre écrivain? Nous connaissons plusieurs littérateurs très-éclairés, qui n’ayant goûté que médiocrement dans leur jeunesse lesouvrages de Despréaux , les estiment et les aiment de plus en plus à me-sure qu'ils avancent en âge. C’est l’eflct naturel et infaillible de cc fond'inépuisable de vérité, de raison et de bon goût qui caractérise les pro'ductions de ce grand poète , et qui doit plaire davantage à scs lecteurs '