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Tome deuxième.
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DE DESPREAUX.

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à mesure que la raison et le goûtse perfectionnent en eux. On ne peutpas donner la même louange à d’autres versificateurs, mémo trds-cé-lèbres, tels que Jean-Baptiste Housseau, l’idole d’un grand nombre dejeunes poètes qui en vieillissant se refroidissent pour lui, parce quel'harmonie et l’heureux choix des mots est son mérite principal, très-grand sans doute, mais plus fait pour les oreilles neuves et sensiblesque pour les tètes pensantes.

On trouve dans une autre lettre de Voltaire à Helvétius , un passagequi n’a point de rapport direct à Despréaux, mais que nous ne pouvonsrésister à la tentation de transcrire ici, parce qu’il nous paraît contenirdes règles aussi linos que justes et bien rendues ; on ne peut mieux pla-cer ces règles que dans l’article du grand poète qui les a si constammentpratiquées.

«■ Craignez, en voulant atteindre le grand, de sauter au gigantesque.» M'offrez que des images vraies; servez-vous toujours du mot propre.» Voulez-vous tinc petite règle infaillible , la voici. Quand une pensée» 03 1 Juste et noble, ilfaut voir si la manière dont vous l’exprimez en» vers, serait belle en prose. Si votre vers, dépouillé de la riine et» de la césure, vous paraît alors chargé d’un mot superflu ; s il y a dans» la construction le moindre défaut ; si une conjonction est oubliée ;» enlin si le mot le plus propre n’est pas à sa place, concluez que votre» diamant n’est pas bien enchâssé. Soyez sûr que des vers qui auront un» de ces défauts , ne se feront pas relire : et il n’y a de bons vers que» ceux qu’on relit. »

Un mauvais critique , qui s’est mêlé de dire 6011 avis sur ce passage,ainsi que sur bien d autres choses qu’il n’entend pas mieux , s’est ima-giné que, suivant Voltaire , il faut, quand on met un vers en prose, ychanger les expressions pour le bien juger ; c’est précisément le con-traire de ce que prescrit l'illustre écrivain. 11 faut laisser la constructionentière telle quelle est. avec tous les mots tels qu’ils sont, et en ôterseulement la rime et la mesure. Prenons pour exemple les premiers versde Ilodogunc :

J'infin ce jour pompeux, cet heureux jour nous luit,

, Qui d’un trouble si long doit dissiper la nuit, etc.

Mollcz-lcs en prose : Ce four pompeux, cet heureux jour nous luit en-fin, qui doit dissiper la nuit d'un trouble si long, ce grand jour où l’Iry-"lénée étouffant la vengeance, remet Vintelligence entre le Parthe et»t>us , affranchit sa princesse, etc. On. sent assez dans ce début lesexpressions lâches ou impropres qu ont amenées la mesure et la rime,'l u un bon prosateur ne se serait pas permises.

Nous avons osé dire quelque part, que ce qui serait mauvais en prose110 saurait être bon en vers ; tous les écrivains de prose rimee, qui setr °ieiil poêles , se sont déchaînés contre nous, malgré 1 intérêt qu'ilsPouvaient avoir à être rie notre avis. Qu’ils démentent aujourd’hui Vol-la ue. Mais qu’ils se gardent surtout de conclure (leur logique en estl * “«-capable ) que cc qui serait bou eu prose jcjtùl Ijon ou vers ; wu ici