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Tome deuxième.
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388 N O T £ S SUR L’ÉLOGE

la pierre (le touche n'est pas réciproque : il n'est pas inutile de les enavertir. Il ne l’est pas moins de les prévenir encore du sens dans lequelils doivent entendre le passage de Voltaire. Si dans une pensée expri-mée en vers , et mise ensuite à la coupelle de la prose , il se trouve desmots inutiles , louches . impropres , un tour lâche et traînant ; si la pu-reté de la langue y est blessée , soyez sur que les vers sont mauvais. Siaucun de ces défauts ne se rencontre dans les vers ainsi démontés et ré-duits en prose , et que de plus la prose soit harmonieuse et ne renfermeque des expressions. des tours qui appartiennent également à la prose etaux Vers , concluez sans balancer que cette prose et les vers qu’elle re-présente sont excellons. Mais si la prose , sans avoir d’ailleurs aucun dé-iaut d impropriété ou d’incorrection, est sèche et sans mélodie , s’il s’ytrouve des mots et des tours «pii ne puissent appartenir qu’aux vers ,dites alors que les vers sont bons , quoique la prose soit mauvaise.Quand Voltaire et d’autres après lui ont dit qu'il n V a de beau en versque ce qui serait beau en prose , ils ont voulu dire seulement que toutepensée , toute image belle en vers , le serait aussi sans être l imée ; maisils n’ont pas prétendu que de bons vers lissent toujours de bonneprose: nous insistons sur cette observation , parce que nous avons vudes hommes d’esprit et de goût se tromper sur le vrai sens du passagedont il s’agit ; passage très-clair néanmoins pour qui voudra en saisirl'esprit et l’ensemble.

Ces réflexions nous donnent le courage d’en hasarder une autre.Quoique peu de gens se connaissent en poésie , il y en a peut-être en-core moins qui oient capables de fixer d’une manière nette cl satis-faisante . les vr aies limites de la poésie et de la prose. Nous invitons lesvrais poètes et non ceux qui en usurpent le litre, à discuter les ques-tions suivantes, digues d’être approfondies par uu esprit juste etprécis.

En quoi consiste précisément la véritable essence de la poésie ?

Est-cc uniquement dans le talent de peindre ? Et qu’est-ce quepeindre ?

L’orateur ne doit-il pas peindre aussi bien que lé poëtc ?

Quelle est la différence essentielle de la peinture poétique et de la.peinture oratoire ?

Le porte est-il toujours obligé de peindre ? El ne peut-il pas yavoir de très-beaux vers sans images , tels que ceux qui exprimentou des pensées nobles, ou îles seiitimens vrais et profonds, ou degrandes vérités ?

Quels sont les caractères qui constituent un tour ou une expressionprosaïque ?

A l’exception de la mesure et de la cadence , y a-t-il quelque chosedans la poésie qui ne puisse en aucun eus appartenir à la prose ?Far exemple, de bons vers de comédies doivent-ils être autre chosequ'une prose élégante rimèe ? n'en est-il pas à peu près de même detous les ouvrages de poésie familière ? la langue de lu prose csl-etk