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Tome deuxième.
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3 9 o NOTES SUR L’ÉLOGE

encore bien difficile rtc deviner et rte prédire le grand poète. Il cutbesoiuclcl’inexorable critique rtc Despréaux, pour abjurer les principes Je mau-vais goût qui jusqu’alors avaient dicte scs ouvrages ; il eut même d’au-tant plus besoin de scs leçons, que dans le temps où il luisait scs plusmauvais vers, il avait déjà lu les modèles admirables de la poésie quel’antiquité nous a laissés ; qu’il les avait goûtés juqu’à les savoir parcœur ; que bien loin de les imiter en les goûtant, il avait en quelquemanière déshonoré, par ses premiers écrits, ceux qu’il appelait scsmaîtres; la lecture des Virgile et des Horace, qui seule avait forméDespréaux, avait été en pure perte pour son ami. L’avantage inesti-mable dont les conseils de Despréaux ont été pour Racine, doit, ce mesemble , quand on comparera ces deux grands poètes , sinon faire pen-cher la balance pour Despréaux , du moins y ajouter quelque poidsen sa faveur. Il est douteux que Racine , sans Despréaux , eût été Ra-cine ; il est certain que Despréaux a été par lui-même.

On voit dans las mémoires déjà cités sur la vie de Racine, unexemple des sages conseils que Despréaux donnait à son ami sur ses piècesde théâtre ; il l’engagea à supprimer une seèno entre Ilurrhus et Nar-cisse , qui ouvrait le troisième acte rte la tragédie rte ltritannicus ; cettescène n’était point inférieure pour la versification nu reste de la pièce,mais Despréaux craignit qu’elle ne produisît un mauvais effet sur les spec-tateurs. « Vous les indisposerez, lui dit-il, en leur montrant ces deux» hommes ensemble. Pleins d’admiration pour l'un, et d’horreur pour» l’autre , ils souffriront pendant leur entretien. Convient-il au gouver-» neur de l'empereur, à cet homme si respectable par son rang et sa» probité , rte s’abaisser à parler à un misérable affranchi , le plus scé-» lérat rtc tous las hommes? il le doit trop mépriser, pour avoir avec lui» quelque éclaircissement. Et d’ailleurs , quel fruit cspére-t-il de ses rc-» montrances ? est-il assez simple pour croire qu’elles feront naître quel-» ques remords dans le cœur de Narcisse? Lorsqu il lui lait connaître» l'intérêt qu’il prend à ltritannicus , il découvre son secret à un traître;» et au lieu de servir lîrilannicus, il en précipite la perte. » Ces ré-flexions étaient pleines de sens et de goût, et la scène fut supprimée.

Non-seulement Despréaux donnait à Racine rt’excellens conseils surscs tragédies , il l’encourageait même, lorsque le succès ne répondaitpas aux espérances du poète. Athalie fut peu goûtée , lorsqu’elle parutimprimée pour la première fois. Racine crut de bonne foi qu'il avaitmanqué son sujet, et il l’avouait sincèrement à Despréaux , qui lui sou-tenait , au contraire , qu’il n’avait rien l’ail de mieux qu’ Athalie. Je m’fconnais , disait-il, et le public y reviendra. Le public a justifié Des-préaux , mais au bout de soixante années, et Racine est mort sans s cdouter qu 'Athalie était son chef-d’œuvre , comme Quiuault sans sedouter cyi Armide était le sien.

1 >cspréaux, entre autres conseils qu’il s’applaudissait d’avoir donnés 11Racine , se vantait de lui avoir appris à faire toujours le second versavant le premier ; c’était, selon lui, un des plus grands secrets do ^