DE DESPRÉAUX. q'oi
Ou pénible ; qu'elle est aussi facile à émouvoir et aussi prompte à bles-ser que ce même sens de l’odorat ; que les impressions qu'elle éprouve ,ainsi que celles de l’odorat, ne sont jamais indifférentes, mais toujoursaccompagnées de plaisir ou de peine; qu’enfm la sensibilité produit ,comme l’odorat, les impressions les plus douces et les plus délicieusesdans ceux qu’une organisation délicate en a rendus susceptibles ; maisqu'elle les rend ausssi plus sujets aux impressions douloureuses , qui ,par malheur, sont plus fréquentes pour eux que les impressions agréa-bles , comme un odorat fin et délié trouve plus d’odeurs qui le blessent,que d’odeurs qui le Uattcnt.
( 20 ) Quoiquo tous nos lecteurs sachent ou doivent savoir par cœur lafable admirable du Bûcheron dans La Fontaine, nous la metti ons ici sousleurs yeux, en mémo temps que celle de Despréaux ; malheur à qui 11 esentirait pas l’énorme distance de l’une à l’autre.
Fable de La Fontaine.
Un pauvre bûcheron , tout couvert de ramée,
Sous le faix du fagot, aussi bien que des ans ,
Gémissant et courbé , marchait û pas pesans,
Et lûchait (le gagner sa chaumine enfumée;
Enfin n'en pouvant plus d’cfi'orts et de douleur,
II mot bas son fagot, il songe h son malheur.
Quel plaisir a-t-il en depuis qu’il est au monde ?
En est-il un plus pauvre en la machine ronde?
Point de pain quelquefois, et jamais de repos;
Sa femme, ses enfuns, les soldats, les impôts ,
Le créancier et la corvee,
Lui font d’un malheureux la peinture achevée.
11 appelle la mort; elle vient sans tarder ,
Lui demande ce qu’il faut faire.
C’est, dit-il, afin de m’aiderA recharger ce bois; tu ne tarderas guère.
Le trépas vient tout guérir;
Mais ne bougeons d’où nous sommes :
Plutôt souffrir que mourir,
C’est la devise dos hommes.
Fable de Despréaux.
Le dos chargé de bois , et le corps tout en eau,
Un pauvre bûcheron, dans l'extrême vieillesse ,
Marchait en haletant de peine et de détresse .
Eniin las de souffrir , jetant là son fardeau ,
Plutôt que de s*en voir accabler de nouveau,
11 souhaite la mort, et cent fois il l’appelle;
La mort vient à la Jiri. Que veux-tu? cria-t-elle.
Qui, moi ? dit-il alors , prompt à se corriger,
Que tu m’aides à me charger.
A c «s deux fables, nous eu ajouterons une troisième sur le même su-