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Tome deuxième.
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4o8 NOTES SUR L’ÉLOGE

avantage sur un moderne, que Tércncc avait sur Molière celui de s'ar-rêter toujours où il le faut, et de n’avoir point comme lui défiguré scspièces par le jargon des paysans : il faudrait donc, on ne sait pas pour-quoi , bannir les paysans du théâtre ; car il paraît difficile , si on les in-troduit sur la scène, donc leur pas faire.parler leur langue. C’est cequi faisait dire à Despréaux que Molière, sans ^ccs taches qui le déli-gurent,

Peut-être do son art eût emporte le prix.

Qui aura donc ce prix, s’écrie "Voltaire, si Molière ne Va pas ?

Notre sévère Aristarque prétendait cncoro que le prologue de l 'Am-phylrion de Plaute valait mieux que celui de Molière , et que l’ancienétait aussi plus ingénieux que le moderne dans la scène et le jeu du moi.II est permis de croire que Despréaux, plus enthousiaste encore des pro-ductions de l’antiquité , que soumis aux jugemens qu’elle prononçait,voulait seulement, à l’exemple de Scaligcr et de plusieurs autres érudits,un peu de mal à Horace d’avoir tant maltraité les vers et les plaisanteriesdu comique latin. On peut cependant supposer, sans superstition ni pré-vention même pour les anciens , qu’IIorace était à cet égard un peu meil-leur juge que toute la troupe réunie des savait» modernes.

Despréaux soutenait aussi que ce vers de Rotrou dans les deux Sosies,

J’étais chez nous long-temps avant qne d’arriver ,était plus naturel que les déux vers de Molière :

El j’étais venu, jo vous jure,

Avant qne je fusse arrivé.

On nous permettra de ne pas souscrire à cette décision, et de croire quele tour des vers de Molière est au contraire plus naturel et plus vif quecelui du vers de Rotrou.

Molière avait dit dans les Femmes Savantes :

Quand sur nnc personne on prétend s’ajuster,

C’est par les beaux côtés qu’il la faut imiter.

Le premier de ces deux vers offrait une équivoque qui aurait donné beaujeu à tous les mauvais plaisans du parterre de ce temps-là, et même dunotre. Ils furent très-heurcusement corrigés par Despréaux de la ma-nière suivante :

Quand sur une personne on prétend se régler,

C’est par les beaux côtés qu’il lui faut ressembler.

Plus il estimait Molière, plus on doit s’étonner que dans l’épît>' cadressée à ce grand homme, il ne lui parle que de la rime, et non de s®*chefs-d’œuvre dramatiques , car il avait déjà fait VÉcole des Maris clY École des Femmes ; qtic du moins ce législateur du goût ne dise [tas ulJmot des Précieuses ridicules , où Molière, en paraissant ne donne 1 "qu'une espèce de farce, eut le courage et l’honneur d’ouvrir les yeux aux