4 rf» NOTES SUR L’ÉLOGE
Nous citerons encore ici ccs curieuses lettres-patentes pour l'avertisse-ment et l’instruction des rois, connue nous avons cité l’iirrêt du parle-ment pour l'avertissement et 1 instruction des juges.
« François , parla grâce de Dieu, etc. : Comme entre autres grandes7> sollicitudes , .que nous avons toujours eues de bien ordonner et établir» la chose publique de notre royaume, nous avons mis toute la peine» que possible nous a été , de l’accroître et enrichir de toutes bonnes» lettres et sciences , à l'honneur et gloire de noire Seigneur et au salut» des fidèles ; puis naguère averti du trouble advenu à notre chère et» aimée Université de Paris, à cause de deux livres laits par maître» Pierre Ramus , intitules l’un Dialecticai instituliones, et l’autre Aris-» lolelicœ animadversiones l des procès et dilf’érends qui étaient» pendans en notre cour de parlement audit lieu entre elle et ledit Ita-
» mus. Les docteurs ayant été d’avis que ledit Ramus avait été témé-
» raire, arrogant et impudent (l’avoir réprouvé et condamné le train» et art de logique reçu de toutes les nations que lui-même ignorait,» et que parce qu’en son livre des Animadversions il reprenait Aristote,
» était évidemment connue et manifeste son ignorance. Nous con-
» damnons , supprimons et abolissons lesdits deux livres ; faisons inhi-» bitions et défenses audit Ramus , sous peine de punition corporelle ,» de plus user do telles médisances et invectives contre Aristote, ne■» autres anciens auteurs reçus et approuvés , ne contre notredite Fille ,» l’Université et suppôts d’icelle. » Souverains et magistrats, prenezet lisez ; fanatiques , rougissez pour vos pères et pour vous.
Cette philosophie d’Aristote , si chère à nos rois et à nos anciens par-lcmcns , n’avait pas joui constamment de la même faveur auprès d eux ,même dans les temps de superstition et d’ignorance. 11 est vrai que lesraisons qui la Firent quelquefois proscrire, étaient dignes des lumièresde ces tcinps-là. Au commencement du treizième siècle, les livres dece philosophe furent brûlés à Paris , avec délense, sous peine d’excom-munication , de les lire et de les garder , parce (pi ils donnaient occa-sion à de nouvelles hérésies. Ainsi, grâce à 1 imbécillité de nos bonsaïeux , il n y a point de genre de sottise que la philosophie d’Aristotene leur ait lait laire.
(28) On peut juger de cette admiration par le trait suivant: « .L’» lis maintenant, lui disait quelqu'un, un auteur qui est bien moi 1» homme ; c’est Démosthèncs. — Si o’est votre homme, répondit-il, e*» n’est pas le mien. — Et comment l’cntcndcz-vous donc, lui répliqua'» t-on , vous qui êtes à genoux devant lui ? — C’est qu'il me fait tout"» ber la plume des mains. » Charles Perrault opposait à cet élog 6des réflexions que nous avons rapportées dans l’article de cet acadé'mic.ien.
On sait la folie du P. llardouin, qui prétendait que la plupa 11des chefs-d'œuvre de l’ancienne Rome avaient été faits par des mob 11 ;’du treizième siècle. « Je 11e-sais ce qui en est, disait Despréaux ; » ullS