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4*8 NOTES SUR L’ÉLOGE
çait pas à sc comparer avec eux. Il a dit de lui-même dans ces vers très-connus :
Au joug de la raison asservissant la rime,
Et même en imitant, toujours original,
J'ai su dans mes écrits , docte , enjoué, sublime ,
Rassembler en moi Perse, Horace et Juvénal.
Il est certain que ces vers sont de lui, et qu'il les fit pour en rempla-cer tje mauvais qu’on avait voulu mettre au bas de son portrait *. C’estun petit mouvement d’amour-propre qu’il faut lui pardonner, et quela circonstance lui arracha ; car dans une autre occasion, un graveurlui ayant demandé des vers pour une autre de ses estampes, il répondit :Je ne suis ni assez fiat pour dire du bien de moi, ni assez sot pour endire du mal.
Les vers que nous venons de citer , quoique bons, ne nous paraissentpas préférables à une inscription latine très-courte , qu’un ami de Des-préaux avait faite pour une de ses estampes; inscription relative à ladifférence de son caractère comme homme et comme auteur ; il étaitdoux et facile dans la société , mordant et satirique dans scs écrits ;on exprimait ce contraste : Nicolaus lloileau Despréaux, moruiii le-nitateel versuum dicacilate œquè insignis. (Nicolas Boileau Despréaux,aussi connu par la douceur de scs mœurs que par la malignité do sesvers. )
( 29 ) Ces deux savons personnages pensèrent se brouiller sérieuse-ment avec Despréaux à l’occasion d’un vers de la douzième satire, où lavertu de Socrate était révoquée en doute. Le poète avait dit, en par-lant du philosophe :
Très-équivoque ami du jeune Alcibiade.
Ce vers parut scandaleux à M. et à madame Dacicr ; Vnus avez , leurrépondit Despréaux , un beau zèle pour les morts. Que diriez-vousdonc si j’avais fait la chanson qui court contre le P. Massil/on ? C’é-tait une chanson très-satirique , que les jésuites avaient faite ou faitlaire contre les mœurs, selon eux, peu religieuses de ce prédicateurcélèbre , mais oratorien, Ah ! répliqua Dacicr , le bel homme que Mas-sillon pour le comparer à Socrate !
Une femme parlait assez mal des anciens devant Dacier, et surtoutdu divin Platon. Sans doute , répondit Dacicr avec toute la politessedes héros d’Homère , madame ne daigne lire d’auteur ancien que Pé-trone .— Pardonnez-moi, monsieur, répliqua-t-elle , j’attends poufle lire que vous en ayez fait un Saint.
Madame Dacier voyant une autre femme filer au rouet, lui dit d’u”air mécontent: Les anciens'n’ont jamais filé qu’à la quenouille. 0>*assure que Dacier et sa femme pensèrent un jour mourir d’un rago lltantique , dont ils avaient pris la recette dans Apicius ou dans Apulée-
1 Voyez l’édition de 1 -if y, t. a, p. 4°&-