4ao NOTES SUR L'ÉLOGE
traductions que Despréaux y a faites eu très-beaux vers des passagerd'Homère et de quelques autres poètes grecs , cités par Longin ; ce sontencore les notes que le traducteur a jointes à sa version, et dont la plu-part renferment les jugemens les plus sains en matière de goût, et lesmeilleurs principes de littérature. Il serait seulement à souhaiter queDespréaux, qui, dans ses notes, a souvent raison contre Charles Per-rault en repoussant les traits que cet antagoniste des anciens avait lancéscontre Homère et contre Pindarc, n’eùt pas voulu tout justifier dans ces«leux grands poètes, et fut convenu de bonne grâce qu’IIomère et Pindare11e sont pas toujours sans reproche.
( 3 i) Ce philosophe parlait volontiers , surtout dans sa vieillesse, dela haine que Despréaux et Racine avaient eue pour lui, et des sarcasmessans nombre dont ils ne cessaient de l’accabler. Il ajoutait que le P. Rou-liours lui avait offert de le raccommoder avec eux , et qu’il l’avait refusé ;était-ce par un ressentiment «l’amour-propre offensé? était-ce par l’o-pinion , bien ou mal fondée, qu’il avait du caractère des deux poètes ?Despréaux, dans son ode sur la prise de Namur , avait mis une strophecontre Fontenclle , qui à la vérité n’était pas banne, et «lont lui-mêmefit justice en la supprimant ; et le philosophe , «le son côté, fit contreDespréaux une assez lionne épigramme «pic tout le monde connaît.Racine, à peu près dans le meme temps, avait fait contre la tragédied Aspar, ouvrage malheureux de Fontenclle, une epigrannne encoremeilleure , et qui est aussi très-connue. La principale cause de la haineque Despréaux et Racine avaient pour Fontenclle était le prétendumépris de ce philosophe pour les anciens , qu’il était pourtant bien loinde mépriser, mais «pi’il n’admirait pas à la vérité avec le même en-thousiasme que ces «leux grands écrivains. Les partisans zélés de l’anti-quité ont toujours fait ce reproche à Fontenclle , «pii un jour y fit uneréponse aussi plaisante «pie péremptoire ‘.
Dans une de ces disgrâces «pic Fonlcnelle essuya souvent aux électionsacadémiques , et dont Despréaux et Racine étaient les principaux au-teurs’, il courut contre le philosophe «me chanson plaisante , quoiquetres-injustc, faite par ccs deux grands poètes 3 . On assure rju’ils cou-vrirent la route de Rouen, où Fonlcnelle était retourné , de chanteursqui braillaient et vendaient cette chanson ; et celui de qui nous tenonsce fait ajoute que c’est un des procédés que Fonlcnelle pardonnait lemoins à Despréaux cl à Racine. Mais l’épigrammo contre Aspar étaitsans doute le motif qui avait encore plus ulcéré Fontenclle contre Ra-cine que contre Despréaux ; il prétendait «pie le pieux auteur d'Estherétait beaucoup plus méchant , c'est le terme «lont il se servait, quel’auteur de tant «ï’épigrainmcs et de satires. Despréaux pensait à peu présde même, eu employant à la vérité une expression moins amère. Ra-cine, disait-il, est beaucoup plus malin que moi. Il citait en preuve du
' Voyez l’éloge de Fontenclle, par Duclos.
’ Voyez l’urticlc «le l’abbé Testa de Mauroy.
5 Elle se trouve dans les mémoires de l’abbé Trublct sur FontcucUe, j>, aiff-