42?. NOTES SUR L’ELOGE
(5a) Le goût si décidé et si constant que Despréaux a marqué pourVoiture, est une énigme pour ceux qui adoptent d’ailleurs ses autresjngemens , presque toujours si équitables. Ils tiiclieut de l’excuser endisant que ce fut une erreur de sa jeunesse , et que son aversion pour lestyle déclamatoire et boursouflé de Balzac, l’avait l'ait plier en senscontraire eu faveur du genre opposé. Mais si Despréaux était l’ennemide l’enllure, il ne 1 était pas moins de l’alfectation du bel-esprit ; et onl’accuse de n’avoir jamais rétracté les éloges qu’il avait prodigués à unauteur si coupable de cette affectation.
11 paraît cependant qu'il eut enfin quelques remords sur cet objet; onen trouve une espèce d’aveu dans le dernier de ses ouvrages , où il dit enparlant de l’équivoque :
Le lecteur ne sait plus admirer dans VoitureDe ton froid jeu de mots l’insipide ligure.
Despréaux regrette en cet endroit les écarts où l’abus des pointes a en-traîné ce charmant auteur , et le tort que ce plat agrément a fait à scsdivins ouvrages ; mais cette demi-rétractation , exprimée d’ailleurs envers assez faibles , et où l’amour perce encore à travers les reproches,n’a été publique que depuis la mort de l’auteur, et n’a paru suffisante ,ni scs ennemis, ni à ses amis même , pour réparer l’espèce de scan-dale qu’il avait donné aux partisans du bon goût par scs éloges outrésde Voiture.
Cet écrivain, qui a tant cherché l’esprit aux dépens du goût, s’étaitdéclaré hautement contre le style de I’iinc le jeune , à qui on a fait lemême reproche ; il semble qu’il aurait dû en être le plus zélé partisan.Quelle pouvait être la cause de cette étrange aversion? apparemmentl’impossibilité mortifiante où il se trouvait d’égaler un écrivain qui avaitplus d’esprit sans effort que Voiture n’en avail avec beaucoup de peine.C’est ainsi que Rémond de St.-Marc, auteur de quelques ouvragesassez médiocres , où il n’a été que le singe de Fontcnellc , se déchaînaitcontre son modèle avec une espèce d’acharnement et dans sa conversationet dans ses ouvrages. Fontanelle disait de lui, en riant de l’amerlmncde scs censures : Il est persuade que je suis venu tout exprès deHouen à Paris par le coche, avec le projet bien J'ormé de corromptle goût.
J .'Académie Française avait rendu à Voiture un hommage bien pin*étrange que les éloges de Despréaux , en lui faisant l’honneur inoui «1 eprendre le deuil à sa mort ; honneur que n’ont reçu d’elle ni Corncilh ’ni Racine , ni Bossuet, ni Despréaux , ni Montesquieu , ni Voltaire. 11qui même il ne lui a pas été permis de rendre , suivant son usage , l cSderniers honneurs funèbres. Quelle a pu être la cause de cette distinct* 011si surprenante , accordée aux mânes d'un écrivain aujourd'huioublié? était-ce la faveur dont on prétend qu’il jouissait à la cou. ,désir de plaire à la reine Anne d Autriche qui l’honorail, dit-on >scs boutés ? était-ce l’estime prolonde de l’Académie pour les ouvn*g eS
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