DE BESPRÉAUX. 4 ?. 5
poiut à rétablir ici, comme devant être souscrites par tous les hommesraisonnables
Nous avons rapporté dans l’éloge de Despréaux, son excellente ré-ponse à ceux qui lui disaient que Louis XEV luisait chercher le docteurArnauld pour le mettre à la Bastille. Un officier nommé Isaac Ar-nauld, cousin de ce docteur, et gouverneur de Philisbourg, ayantrendu à l’ennemi cette importante place, qui pouvait, dit-on, se dé-hendre encore , fut réellement mis dans celte même prison dont onavait menacé le docteur. Quelqu’un dit à la cour , un mois après, quele gouverneur de Philisbourg éLait sorti de la Bastille. Pourquoi non ,dit un courtisan , il est bien sorti d’une meilleure place ? Son cousinle. docteur , ajouta quelqu'un , ne serait //as sorti à si bon marché ni del'une .ni de Vautre.
(55) A l’occasion de l’épîlrc sur l’amour de Dieu , dont ces pèresavaient eu la sottise de paraître mécontens , un des membres de la so-ciété avait fait une épigramme , où l’on réduisait aussi malignementqu’injuslcment. le mérite de Despréaux à n’êtrc quclc copiste des anciens.L'épigramme Unissait par ce trait plaisant, que pour l'amour de Des-préaux on vnurirail bien t/u Horace eut truité de l’amour de Dieu.Despréaux avait répondu à cette épigramme par une autre, dans la-quelle il assurait les jésuites qu'il n'avait trouvé son épître sur Y amourde Dieu, ni dans Horace , ni dans les lieras de la société. Ces attaquesréciproques , l’épithète de loups tlévvrans par laquelle Despréaux avaitdésigné assez clairement les jésuites dans l’épitaphe du docteur Arnauld,la manière aigre-douce dont ces pères s’expliquaient sur Despréauxdans leur journal, l’éloge qu'il faisait des Provinciales en toute occa-sion , en célébrant cet ouvrage comme le mieux écrit que la langueIrançaise eût produit jusqu’alors ; tous ces coups indirects et dérobés ,donnes et reçus de part et d'autre , entretenaient entre le poète et lasociété une zizanie sourde , qui aurait fini par une guerre déclarée , sila société n’eèil pas autant redouté les sarcasmes du poète , que le poètePouvait craindre le crédit de la société.
L’admiration de Despréaux pour les Provinciales éclata surtout dansUne dispute que madame de Sévigné raconte avec ses grâces ordinaires ,et que notre poète eut chez M. de Lamoignon avec un jésuite qui ac-compagnait Bourdalouc. Une circonstance qui nous paraît bien remar-quable dans ce récit, quoiqu’elle ait échappé à madame de Sévigné , c’estla prudente et politique tacilurnité du célèbre prédicateur, qui, tout
, mais tres-pet
* Le célèbre Cujas, si savant dans la jurisprudence romaine ,-- - ,
curieux do théologie, disait, lorsqu'on lui demandait son avis sur tes controVc rses scolastiques dont s’occupaient avec leur gravité ordinaire les docteur'1° son temps : IVihil hoc ad edielum prœtoris ? (Qu’importe cela il l’édit diPréteur?) Qu’il serait h souhaiter que tant d’hommes, dont les querellerhéologiques ont troublé le repos, se fussent dit aussi 'avant de s’y engagerQu.'imporlent ces billevesées scolastiques au progrès de la raison et ai°nhcur de l’espèce humaine ?