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Tome deuxième.
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4?-6 NOTES SUR L’ÉLOGE

intéressé qu’il était, comme jésuite , à décrier Pascal, et à soutenir souconfrère , loua mieux en celle occasion les Provinciales par son silence,que Despréaux par son enthousiasme.

Dans une autre occasion, le P. Bouhours s'entretenant avec Despréauxsur la difficulté de bien écrire en français , lui nomma ceux de nos écri-vains qu’il regardait comme des modèles. Despréaux les rejetait tous :Mais quel écrivain lirons-nous donc, lui disait le P. Bouhours ? Monpère, répondit Despréaux, croyez-moi, lisons les Provinciales, et nelisons point d’autre livre. Bossuet f aisait à cet ouvrage le même honneurque Despréaux. ( Voyez plus haut les notes sur l’éloge de Bossuet. )

Ce grand poète, las de querelles sur la fin de sa vie, et ne voulantplus que la paix , la fit sans exception avec les Jésuites , grands et petits :« Vous pourrez, écrivait-il à Brossctte , assurer messieurs les Jésuites» de Lyon, que je n’écrirai plus rien contre personne de leur com-» pagnie , dans laquelle , quoique très-attaché à la mémoire de M. Ar-» nauld, j’ai toujours eu des amis illustres. Je n’ai pas eu de peine ,» disait-il dans une lettre , à donner les mains à mon accommodement» avec les journalistes de Trévoux :

» Aujourd'hui vieux lion, je suis doux et traitable, u

Les journalistes , prêtres et religieux , ne furent pas aussi fidèles que lepoète au traité de paix, et continuèrent à lui lancer quelques traits en-veloppés et fréquens , qu'il prit enfin le parti d’ignorer pour achever enrepos ce qui lui restait de jours à vivre.

Despréaux n’aurait peut-être jamais dû faire à ces journalistes d’autreréponse que celle du président de Montesquieu dans une circonstance àpeu près semblable. On a entendu raconter plus d’une fois à ce philo-sophe la vengeance plaisante qu’il avait tirée du jésuite Tourncmine , quile harcelaitsans cesse dans ce même journal de Trévoux, destiné de touttemps , comme l'on voit, à rendre justice aux grands hommes. Ce jésuiteétait fort vain , et croyait toute la terre occupée de son mérite. Le pré-sident de Montesquieu alla trouver le 1’. Castel, autre jésuite, mais dontil était ami. Dites-moi, je vous prie, lui demanda-t-il, qui est unP. Touvnenune dont on ni a parie ? Je ne le connais pas ; n’est-il pasjacobin ? — gomment , répondit le P. Castel, vous ne connaissez pasnoire P. Tourncmine, qui est si savant, si célèbre, qui a tant écritcontre vous ? — i'ous m’apprenez tout cela, dit le président. Il s’at-tendait bien que celte conversation serait rendue au P. Tourncmine,qui finit par le laisser en repos.

Bourdaloue faisait un jour , en présence de Despréaux , quelques plai-santeries un peu triviales , quelques épigrainmcs de moine cl de prêtresur la prétendue jolie qu on reproche aux poètes : « Jetais , mon père i» lui répondit Despréaux , tout ce qu on dit d ingénieux à ce sujet ; mais» si vous roulez venir avec moi aux petites-maisons , je m’ollfe de vous» y fournir dix prédicateurs contre un poète ; et vous 11 e verrez à toutes» les loges que des mains qui sortent des fenêtres , et qui divisent leurs» discours en trois points. »