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Tome deuxième.
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DE DESPRÉAUX. fa

Celte manie de diviser toujours ainsi les sermons , et celle de mettreà la tête un texte sur lequel tout le discours est compassé , était regardéePar Despréaux comme un reste de la barbarie des siècles d'ignorance.Un théologien de nos jours , écrivain d’ailleurs très-orthodoxe , et dontle témoignage par conséquent ne peut être suspect, s’est élevé contrecet usage gothique dans ses Réflexions sur l’éloquence de la chaire.Cependant, qui croirait qu’on a lait, il y a quelques années, un grandcrime à un orateur, homme d’esprit, qui prêchait devant l’Académiefrançaise le panégyrique de S. Louis, de n’avoir point mis de texte àce panégyrique? Il est vrai que plusieurs auditeurs avaient été fortscandalisés d’une si terrible innovation. N’est-il pas étrange, disait entreautres un vieux prêtre avec la plus profonde douleur, de faire un sermonoù il n’y a pas seulement un mot de latin ?

Un jésuite nommé Romcvillc , grand faiseur de miracles dans quel-ques villages , et bientôt oublié comme tant d’autres de ses pareils , opé-rait des prodiges dans un coin du Dauphiné. Quelques sots disaient, faiouï dire, et qui que ce fût n’osait dire , j’ai vu. Quoique la renomméede ce thaumaturge ne passât guère deux ou trois lieues , Brossette s’avisad’en écrire à Despréaux : « Je ne sais , répondit le poète , si ce grand

* Saint a ressuscité des morts , ce qui est à mon avis la vraie pierre de

touche des hommes à miracles ; mais le plus grand qu’il pût faire pour

■ >1 moi, ce serait de convenir que M. Arnauld est le plus grand person-

* liage qui ait paru depuis long-temps dans l'Eglise, et de désavouer les» exécrables maximes de tous leurs nouveaux casuistes ; alors je lui» crierais : hosanna au plus haut des cicux , béni soit celui qui vient au» nom du Seigneur. »

Despréaux ‘ observait avec raison , que les faux thaumaturges avaienttrès-rarement tenté l’opération critique de la résurrection des morts.Quelques uns néanmoins, disait-il, en ont eu la hardiesse, entre autres lelaineux Apollonius de Thyane , qui, si nous en croyons ses historiens,Ressuscita publiquement aux yeux de toute la ville de Borne, du temps de■^éron, une jeune fille qu’on portait en terre. Mais les historiens ecclésias-'*ques , ajoutait Despréaux, ont soin de nous avertir, ce qui n’est pas'difficile à croire, que cette jeune fille n’était pas morte, qu’elle étaitUtilement évanouie ; qu il sortait encore de son visage une légère vapeur,Ct qu’au moment où Apollonius la ressuscita , il tombait une rosée quiSa Us doute la fit revenir de l’état de pâmoison où elle était. Un prodigeplus difficile encore que la résurrection, disait aussi notre poète , et pal-ette raison plus rare dans l’histoire des faux miracles, c’est celui de'R"lettre les membres coupés.

L e p CU Je goût de ce grand poète pour les Jésuites s’étendait sur tousmoines, auxquels il n’épargnait pas les sarcasmes dans l’occasion,passé à Cîteaux, il y fut très-bien reçu par les habitons de cetteLche abbaye , qui lui firent voir tout leur couvent. L un d’eux le pria

f, ?° us tenons les anecdotes suivantes, qui lont honneut il Despréaux, deet- Balconnet, qui l’avait fort connu.