de despréaux. 429
dorage passera. L’orage a passé en effet ; mais le calme qui a succédé11 a pas relevé l’ouvrage, et la satire contre les femmes est restée marquée,si nous osons parler ainsi, des coups violons qu elle avait essuyés dans sanaissance.
Ce même Racine, qui rendait quelquefois à Despréaux les conseilsUtiles qu’il en recevait , lui avait fait ôter de la satire contre les femmesUne vingtaine de vers , bien faits à la vérité , mais dégoûtans par la pein-ture hideuse de la lieutenantc-criminelle Tardieu, célèbre ainsi queson niari par son iufame avarice. Après la mort de Racine, l’amourpaternel reprit le dessus , et les vers furent rétablis.
Mais si les traits que l’auteur a lancés dans la satire contre les femmes'ne sont pas toujours délicats et de bon goût, l’ouvrage est au moins laPrêt» e louable, et assez rare dans un poète, de l’austérité de sa morale.Un philosophe se félicitait en mourant de n’avoir jamais donné de ridi-cule «fa plus petite vertu; et Despréaux, de n’avoir jamais offenséles mœurs. Heureux, dit Racine le fds, s’il avait pu ajouter , et deu’avoir jamais offensé personne !
Sa louable sévérité sur les mœurs, dans sa conduite et dans ses écrits ,l’a fait surnommer le chaste; éloge qu’il partage avec Virgile ; aussia ~t-il dit de lui-même :
Mais, pour moi, dont le front trop aisément rontrit.
R lui était pourtant échappé , en parlant de Régnier dans son Art poé-tique , deux vers où se trouvait une expression malhonnête, et qu’il cor-rigea parfaitement en cette sorte :
Heureux si ses discours, craints du chaste lecteur,
Ne se sentaient des lieux que fréquentait l’auteur !
On prétend que ces deux vers lui furent donnés par le docteur Amauld ;4ue ce sont les seuls que ce théologien austère ait jamais faits ; que Des-Rréaux voulait lui en faire honneur dans une note , et que le modeste outlr nide docteur n’y voulut jamais consentir. Si ce fait est aussi vrai qu'ilParaît difficile à croire , Amauld aurait eu le mérite , non-seulement deRdre deux bons vers ‘, mérite assez rare quand on n’en a jamais fait^ autres, mais d’attraper dans ces deux vers la manière de Despréaux ,de lui avoir comme emprunté son cachet dont ils portent l’empreinte.On peut être étonné que le sévère docteur n’ait pas fait à son amiT'elques représentations sur d’autres vers, où le poète fait une peinture*Ue r giq ue et peu édifiante des tentations auxquelles un solitaire fainéant* st exposé ; peinture qui, en présentant l'idée la plus basse et la plusolls cène, semble faite pour inspirer le mépris d'un état que la religions *‘»ctifi e :
Dans le calme odieux de sa sombre paresse,
Tous les honteux plaisirs, enfans de la mollesse,
il i^ n anc * en académicien, docteur comme Arnauld, et cure de Saint Bar-^ ? mi > l’abbé de La Chambre, n’avait, dit-on, fait qu’un seul vers en toute/ d fit confidence de ce vers à Despréaux, qui lui répondit : Ahl querttHe en est belle !
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