43o NOTES SUR L’ÉLOGE
Usurpant sur sou û.uc un absolu pouvoir,
De monstrueux désirs le viennent émouvoir,
Irritent de ses sens la fureur endormie,
Et le font le jouet de leur triste infamie.
L’indulgence un peu surprenante que le docteur janséniste eut pources vers , est peut-être expliquée par un endroit de sa lettre à Perrault,où défendant d’autres vers de son aini, assez semblables à ceux qu’onvient de citer, il prétend que ces sortes de pensées, revêtues de termeshonnêtes, ne présentent proprement rien à iimagination, mais seule-ment à l’esprit, afin d’inspirer de l’aversion pour la chose dont onparle ; ce qui , bien loin de porter au vice, est un puissant moyen d’endétourner. Nous n’avons l'honneur d’être ni jansénistes , ni docteurs ,ni casuistcs ; mais nous croyons qu’avec de tels .principes , on justifie-rait des ouvrages très-licencieux ; et nous soupçonnons qu’Amauld au-rait été moins complaisant, si les vers qu’on vient de lire eussent étéd’un jésuite.
Despréaux s’applaudissait aussi beaucoup de quatre autres vers quisont à peu près sur le même sujet ; il ne croyait pas , disait-il, avoir ja-mais fait quatre vers [dus sonores ; il se savait bon gré surtout d’avoirosé y faire entrer , sans blesser la décence , le inot un peu libre de lu-bricité. Ces vers se trouvaient dans son épigranunc aux journalistes deTrévoux , sur l’extrait satirique qu’ils avaient l’ail de Y Histoire des Fla-gellons , du docteur lîoilcau son frère.
Il combat vivement la fausse piété
Qui, sous eouleur d’élcitidre en nous la volupté,
Par l’austérité même et par la pénitence,
Sait allumer le feu de la lubricité.
Le poète , quand il fit ces derniers vers , ne put les soumettre à la cen-sure de son oracle Arnauld qui n’existait plus. Mais on ne doute pas quedes vers faits contre le Journal de Tiévoux n eussent trouvé grâce de-vant ce docteur.
(3ç) Louis XIV s était fait une loi bien digne de lui, et bien pré-cieuse pour la liberté des élections, de 11 e jamais indiquer à la compa-gnie les membres qu’elle devait choisir ; il désirait néanmoins qn’eU®jetât les yeux sur Despréaux , mais il s’abstenait de le témoigner. De*'préaux se trouva en concurrence avec La Fontaine, dont le rare talent clla bonhomie obtinrent la pluralité des suffrages. Le roi différa d’«P'prouver l’élection de La Fontaine , en apparence par le scrupule que l uldonnaient les contes obscènes dont ce poète était coupable , mais 6,1efTet, parce qu’il eut mieux aimé qu’on eût choisi Despréaux. L’Acaû 1 -’mie , qui devina le vrai motif des scrupules du monarque , nomma P cspréaux bientôt après ; et le roi, en approuvant beaucoup son élccti 0 ’ 1 ’consentit aussi à celle de La Fontaine. ^
Ce qui doit paraître singulier , c’est que , malgré le ressentimentdevaient avoir contre ce grand satirique , plusieurs académiciens S" 1 '