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Tome deuxième.
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DE DESPRÉAUX. 433

de jour équivoque, qui seinblait compromettre nos mystères, et quiaurait rendu sa bonne foi suspecte, si elle avait pu l’être. Ceux de tousses vers qui prêtaient le plus au scandale sur cet article délicat, sc trou-vaient dans un endroit de la douzième satire, où , en parlant de l’aria-nisme , il disait à Y équivoque :

Tu fis dans une guerre et si triste et si longue,

Périr tant de chrétiens, martyrs d’une diphtongue.

On sait en effet que deux mots qui ne différaient que par une diphton-gue , mais auxquels la décision infaillible de l'Eglise attachait deux senstrès-différens, faisaient toute la querelle des ariens et des catholiques 1 .Despréaux sentit que ce trait, martyrs d'une diphtongue , semblait je-ter un ridicule égal sur la bonne et sur la mauvaise cause ; et il se liàlade corriger cette expression maladroitement plaisante. Que de clameursn’eût-elle pas excitées contre Despréaux, s’il eût vécu dans notre siècle ,où Dieu , qui souvent a de si sots ennemis, comme le disait notre poète ,a quelquefois aussi de sots défenseurs ; dans ce siècle de fanatisme hy-pocrite , aussi bien que de fanatisme irréligieux, où l’imputation ca-lomnieuse d’impiété est presque aussi commune que l’impiété même ,dans ce siècle enfin où le terrible nom de philosophe pénètre d’effroitant d’âmes timorées , et transporte d’une espèce de fureur épidémique*ant de prédicateurs éloquens? Ces deux vers, hasardés de nos jours ,auraient suffi pour perdre celui de tous nos poètes qui a rendu au chris-hanisme les hommages les plus courageux et les plus éclatans. Puisse•'elle réflexion inspirer quelques scrupules à ces hommes plus remplisd’amertume que de zcle, qui, sur des expressions beaucoup moins faitespour les alarmer, accusent si légèrement d’irréligion les écrivains les pluscirconspects et les plus sages ! Nous ne leur dirons pas :

De cet exemple-ci ressouvenez-vous bien ;

Et quand vous verriez tout, ne croyez jamais rien.

^lais nous leur dirons avec le plus respectable de tous les maîtres ,a 'ec celui dont ils devraient pratiquer la morale , en affectant depêcher sa doctrine : Ne jugez point, afin que vous ne soyez pointlu gés.

. Despréaux avait dit encore, dans sa première satire, en parlant d'unCrédule :

.Et riant_du sentiment commun ,

Prêche que trois sont trois, et ne sont jamais un.

ç 1 Les catholiques voulaient que le Verbe fut homoousios to Patri (consub-‘‘tuiel au Père), c’est-.H-dirc, de la même substance; et les ariens, qu’il hitbernent homoiousios, d’une substance semblable. Les théologiens exjdi-g C| U la différence de ces deux mots avec toute la clarté dont la matière ests Sce ptible. Cette diversité d’expressions qui présentent en apparence le même^ des hommes peu instruits, n’est nullement indifférente à la précisionj. 1 * langage orthodoxe. Pour en donner encore un autre exemple non moinsr ^ïquable , c’est une hérésie de dire que la grâce efficace produit néccssai-son effet, et c’est une expression très -catholique de dire qu’elle leinfailliblement.