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Tome deuxième.
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434 NOTES SE R L’ELOGE

et un peu plus bas :

Pour moi, qui suis plus simple, et que l’enfer étonné.

et dans la satire VIII, en parlant des superstitieux, on les voit, di-sait-il ,

Pc fantômes en Pair combattre leurs désirs,

Iït de vains urpmmcns chicaner leurs plaisirs.

Son ami et son oracle ArnauUl lui fit changer ces derniers vers : Otezcela, lui dit-il, nous plairez à quelques libertins, et vous perdrezd'honnêtes gens qui vous tiraient. Il était en effet difficile pour ceuxqui ne connaissaient pas Despréaux , de reconnaître dans ces manièresde s’exprimer un chrétien aussi sincère qu’il l’était réellement, cl qu ildésirait de le paraître.

Ce n’est pas seulement dans les ouvrages de ce grand poète que noscenseurs, si chatouilleux au scandale, trouveraient matière à leurs scru-puleuses critiques ; le bon 1 .a Fontaine, cet écrivain si simple, et en appa-rence bien moins philosophe encore que Despréaux , quoiqu'il le lût peut-être davantage , leur offrirait de bien plus sérieux objets de reproche.Qu'on lise sa fable intitulée : Les deux Ruts, le Renard et l'OEut, on yverra l’embarras du poète pour donner une àmc aux bêtes , qui ne soitpourtant pas celle de l'homme ; on lira , nous l’osons dire, avec quelquesurprise, les assertions très-peu orthodoxes par lesquelles il se tire decette difficulté, bien digne en effet d'être résolue; on y trouvera unephilosophie bien étrange pour les philosophes, et bien mal-sonnantepour les théologiens, par la forte teinte qu’ils y apercevront de ce ma-térialisme si dangereux , qu'on veut voir aujourd’hui partout, et qu’onsubodore même où il n’est pas. Cependant on réimprime tous les joursces vers de La Fontaine, et la critique ne dit mot. Serait-il possiblequ'elle fît moins d’attention aux choses qu’aux personnes, et aux au-teurs qu’aux écrits? Les mêmes hommes qui laissèrent en paix Des-préaux et La Fontaine , persécutèrent Molière , parce qu'ils le soupçon-naient apparemment d’avoir mis plus d'intention à ce qu’il pmi-ait yavoir d’équivoque dans ses ouvrages : aussi n’osa-t-il laisser subsister ,dans la comédie (lu Festin de Pierre, le mot de don Juan à un pauvrequi lui demande l’aumône pour l’amour de Dieu : Je le ta donne , luidit-il , pour l’amour de l’humanité. Corneille, qui pourtant n’était pasaussi suspect que Molière aux hommes scrupuleux, n’attendit pas no»plus leurs clameurs pour effacer de la tragédie de 1 ’oljeucte, ce que di'sait Sévère à son confident sur les dillerentes religions :

Peut-être qu’apres to,lt ers croyances publiques

Ne sont (pi'inventions de sages politiques.

Pour contenir un peuple, on }>i<*n pour l'émouvoir,

Kt dessus sa faiblesse allcrmir leur pouvoir.

Un poète qui oserait hasarder aujourd’hui le trait de Molière et les ve r *de Corneille, u’en serait pas quitte pour les supprimer, surtout s **