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Tome deuxième.
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438 NOTES SUR L’ÉLOGE

Monnaye, prétendait qn 'Hesnault ' était un des hommes qui tournaitle mieux un vers; il disait, pour s’excuser de l’avoir mis dans sessatires, qu’il y avait mis d’abord Doursault, ensuite Perrault, aveclesquels il s’était réconcilié; et que voulant eftàcer leurs noms pour ensubstituer un autre, il n’avait trouve sous sa main que celui de Hesnault,mort en 1682 , et hors d état de se plaindre. Voilà , pour parler le lan-gage des jurisconsultes , un exemple bien édifiant de justice cummuta-talive.

Les rimes en aut n'étaient pas les seules rimes de rechange qu’il eûteu réserve pour les faire disparaître ou renaître suivant les occasions. Ilavait dit dans les premières éditions d’une de ses satires :

Si je pense parler des galans de notre âge,

Ma plume, pour rimer, rencontrera Ménage.

Raccommodé dans la suite avec Ménage , il changea ainsi ces deux vers :

Si je veux d’un galant dépeindre la figure,

Ma plume, pour rimer, trouve l'abbé de Pure.

11 en usa à peu près tle même à l’égard de son frère Gilles Boileau,payeur des rentes , membre de l’Académie Française , et homme de beau-coup d’esprit; ce lrèrc n’aimait pas Despréaux, dont on prétend qu’ilétait jaloux :

Qu’est-cc (pie Desprcanx a fait pour lui déplaire?

Il a fait des vers mieux que lui,

disait Linière dans une épigramme. On ajoute que Gilles Boileau savaitmauvais gré à son frère d’avoir maltraité Chapelain et Cotiu, quiavaientl'honneur d être de ses amis. Despréaux estimait pourtant beaucoup cefrère ; car il avait dit en se plaignant de lui :

En bii je trouve un exeellmi nuu*uc,

En porte > un très-bon orateur }

Mais je n’y trouve point un fière. /

Las enfin des procédés de Gilles Boileau, il se permit contre lui uneépigramme assez piquante et très-injuste. S’étant depuis réconcilié avecson frère, non-seulement il mit uu autre nom dans l’épigramnic, maisil donna une édition des oeuvres de Gilles Boileau après sa mort, et yjoignit une préface , dans laquelle il dit , qu’il en serait des ouvrages dtson frère comme de l'Enéide , dont Hirgile seul était mécontent. C’étaâoutrer la louange comme il availoutré la crilique ; les satiriques de pro'fession sont sujets à ces contradictions un peu lâcheuses , qu’il faut par'donner aux poètes , ou à 1 humanité.

Tels sont les reproches , au fond assez légers, qu’on est peut-être c 1 *droit de faire à Despréaux comme satirique , après lui avoir rendu d’ail'

1 Auteur du sonneidc V Aonrlnn , er de quelques autres pièces, entre autr cSd’une satire violente contre Colbert, à l’occasion de la disgrâce de Fouquet-