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Tome deuxième.
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444 ÈI.OGE

traducteurs de Rodriguès sur la matière de la grâce , à ceux quiont le courage et le loisir de s’occuper des importantes contro-verses qui étaient alors le sujet de la haine la plus vive et la plusédifiante entre les anachorètes de Port-Royal et la défunte com-pagnie de Jésus. Nous nous abstiendrons aussi de discuter la-quelle des deux traductions mérite la préférence ; ceux quiprétendent s’y connaître , regardent la version de Port-Royalcomme écrite avec plus de force , et celle de l’abbé Regnier avecplus à’agrément ; la décision de cette question délicate apparte-nait exclusivement aux âmes pieuses faites pour sentir tout leprix du Traité de la perfection chrétienne, et plus exercées quedes juges profanes à démêler ce qui constitue la force ou V agré-ment dans un ouvrage mystique.

L’abbé Regnier, par les lumières et le savoir qu’il portaitdans nos séances, et surtout par son zèle pour hâter la publica-tion du Dictionnaire que le public attendait avec empressement,répondit si bien aux espérances de ses confrères, que le secré-tariat de l’Académie étant venu à vaquer par la mort de Mézerai,il fut jugé plus propre que personne à remplir cette place. Apeine y fut-il installé , qu’il s’éleva entre l’Académie et Fure-tière le fameux procès dont toute la littérature fut alors occupée ;procès qui servit long-temps de pâture à l’avide malignité dupublic, toujours prêt d’applaudir, ou tout au moins de sourireaux traits lancés contre les compagnies littéraires, même pardes hommes que ce public ne croit ni n’estime. L’abbé Regnier,en qualité de secrétaire, fut chargé de dresser tous les mémoiresqui parurent alors au nom de la compagnie. Ces mémoiresétaient graves et modérés ; ceux de Furelière étaient violens etsatiriques ; aussi eurent-ils beaucoup plus de lecteurs ; mais legouvernement, qui ne décide pas de la justice d’une cause pardes épigrammes , jugea en faveur de l'Académie , qui en effetétait bien fondée dans toutes ses demandes , et qui , après lesavoir juridiquement obtenues, crut devoir aussi se faire justicea son propre tribunal en retranchant Furelière du nombre deses membres.

Le Dictionnaire de l’Académie, après plusieurs années d’untravail assidu , après des plaintes réitérées et très-injustes de lapart du public sur la longueur du temps que la compagnie avaitmis à ce travail, fut enfin en état de paraître. Il n’y manquaitque la préface et l’épître dédicatoire ; celle épître devait êtreadressée à Louis XIV , sous les auspices duquel il était juste deprésenter à la nation et aux étrangers la première productiond’un corps littéraire qui avait le monarque pour protecteur.L'abbé Regnier composa , par ordre de l’Académie, la préface