Band 
Tome deuxième.
Seite
445
JPEG-Download
 

DE REGNIER DESMARAIS. 445

et l’épître ; mais ayant été obligé, avant que le Dictionnaireparût, de s’absenter pour des affaires indispensables , quelquesacadémiciens qui avaient fait une autre épître dédicatoire ,eurent le crédit de la faire préférer à la sienne ; et M. Charpen-tier , qui avait aussi fait une autre préface, obtint la mêmepréférence.

Il paraît que cette épître dédicatoire, destinée à mettre auxpieds du roi l’encens et les hommages de la.compagnie, avait étépour les académiciens un grand objet d’émulation ; car sanscompter celle de l’abbé Regnier qui n’existe plus , et celle quiest imprimée à la tête de la première édition , je trouve encoredeux autres épîtres qui furent composées dans ce temps-là , l’unepar Charles Perrault, et l’autre par ce même M. Charpentierqui avait déjà fait la préfacé de l’ouvrage. L’abbé Regnier, piquédu dégoût qu’on lui donnait, fit sur l’épître de M. Charpentierdes remarques critiques, qui existent encore écrites de sa main :on ajoute, qu’aidé de Racine, il en avait fait de semblables surl’épître de Charles Perrault (3). On ne peut disconvenir que surplusieurs points la critique de l’abbé Regnier ne soit bien fondée ;sur quelques autres, elle pourrait paraître ou injuste ou tropsévèfte ; mais peut-être pardounera-t-on le ressentiment qui l’aquelquefois dictée , en pensant au motif de mécontentement quil’a fait écrire.

Le désagrément qu’il venait d’essuyer dans l’Académie sembleprouver qu’il n’était pas fort aimé de ses confrères : Segraisl’accuse en effet d’avoir été trop aigre et trop vétilleux 1 ; Fure-lière nous apprend 1 aussi que les amis mêmes de l’abbé Regnierlui avaient donne le nom de l’abbé Pertinax, parce qu’il avait,dit-on, l’habitude de disputer opiniâtré ment dans les assemblées,lusqu’à ce que ses adversaires, fatigués de la dispute, fussentobligés de se soumettre à son avis. Furetière même ajoute qu’ilécrivait souvent le contraire de ce qu’on avait décidé ; mais iles t permis , à l’égard de cette imputation, de n’en pas croire■^Uretière sur sa parole. Quant à la manie tout à la fois cho-yante et puérile de vouloir toujours avoir raison, nous ignoronss i c ’est à tort ou avec justice qu’on l’a reprochée à l’abbé Regnier ;y’on nous permette seulement, pour l’utilité des gens de lettres,Utl e courte réflexion sur cette manie ou plutôt celte petitesse,^°nt on a accusé plusieurs d’entre eux , et qui ne peut être dans

homme d’esprit que le travers d’un amour-propre bien peuflairé. Si c’est un sot qu’il a entrepris d’entraîner par force àSo " opinion, qu’importe à un homme d’esprit la gloire si mince

Voyeai l e Segraisiana.

V °ye ? . bisjitclum de Furetière roture l’Académie: