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Tome deuxième.
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DE REGNIER DESMARAIS. 447

mais la littérature fut solidement dédommagée de cette perlepar un grand nombre d’articles importuns et fondamentauxqu’il avait composés pour le même ouvrage; articles qui contri-tribuèrent beaucoup au succès de la première édition, et dontle mérite a été si bien reconnu , qu’on les a conservés presquesans changement dans les éditions suivantes ; car le public re-marqua, dans ce dictionnaire, que les longs articles qui s’ytrouvaient , et qui devaieut avoir coûté le plus de travail, étaientfaits avec plus de soin que les autres ; c’est que là brièveté desarticles peu étendus permettait qu’ils fussent l’ouvrage de lacompagnie entière, et qu’une compagnie en corps , troubléedans ses décisions par vingt avis qui se croisent et se détruisent,doit parvenir ddlicileinent à se satisfaire elle-même et ses lec-teurs; au lieu que les grands articles , confiés presque indispen-sablement à un seul homme, qui, pour l’ordinaire, était l’abbéRégnier , acquéraient, en passant par ses mains , toute la per-fection que pouvait y donner l’amour - propre du rédacteur,animé de plus par toute la ferveur académique.

Quelque intérêt cependant qu’il dût prendre à ce dictionnairedont il était presque entièrement l’auteur, il 11’eut garde de re-nouveler la proposition qu’avait faite autrefois Jean Sirinond ,un de nos premiers académiciens, d’obliger, par serment,' tousles membres de la compagnie de n’employer dans leurs ouvragesaucun mot qui n’eût été approuvé à la pluralité des voix; àpeu près comme ces anciens peuples , qui juraient sur les autelsde leurs dieux, de ne parler et de n’apprendre jamais d’autrelangue que la leur. Cet avis, comine on peut le croire, n’avaitpas été goûté ; chacun de nous resta le maître d’écrire commeil le voudrait, à ses risques et périls; et l’abbé Regnier, quisentait plus que personne le besoin et les avantages de cette li-berté littéraire , se garda bien d’y porter atteinte.

L’infatigable secrétaire ne borna pas les fonctions de sa place àla publication du dictionnaire qui lui devait l’existence; l’A-cadémie, dès les premières années de sou institution, avaitformé le projet d’une grammaire française , qui , en dévelop-pant les principes dont le dictionnaire n’était que l’application ,devait former avec cet ouvrage un cours complet de notre langue.ft-fais la compagnie ne fut pas long-temps à s’apercevoir, dit1 abbé d’Olivet, qu’un ouvrage de système et de méthode , telqu'une grammaire, ne pouvait être conduit que par une personne■''vule, qui, communiquant ensuite son travail à ses confrères ,Profilerait de leurs avis , en sorte que son ouvrage put être re-gardé comme celui du corps{ 5 ). On chargea donc de cette gram-maire l’abbé Regnier, qui, comme il le dit dans sa préface, y