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pourtant de l’inscription fastueuse Viro Immortali, dont il pa-raît désirer que la postérité ne l’accuse pas.
Il ne parle point, dans ses mémoires, d’un ouvrage qu’il donnaen 1700, et qui contenait le premier livre de Y Iliade en versfrançais, avec une préface où il répond aux blasphèmes deCharles Perrault contre Homère. Cette préface est pleine deraison et de goût ; mais l’auteur plaide mieux pour Y Iliadepar sa prose que par ses vers , qui feraient au divin Homère untort irréparable, si on pouvait soupçonner l’original de ressem-bler à la copie.
Il est vraisemblable que le peu de succès de cette traductionde 1 Iliade empêcha l’auteur d’en faire mention dans la liste deses ouvrages, comme d’une production dont il était un peuhonteux et repentant (6). Despréaux , qui était sort ami, ou dumoins qui prend ce titre dans une de ses préfaces , n’avait pasvu de bon œil ce fatal travestissement du poète grec, et en avaitfait à l’auteur l’aveu sincère. Il paraît que les vers de l’abbé Ré-gnier n’étaient pas en possession de plaire à l’inexorable sati-rique ; car toute son amitié ne l’empêcha pas de mettre Y Editd’amour de notre académicien parmi les mauvais livres que leschanoines du Lutrin se jettent à la tête, dans la bataille qu’ilsse livrent sur les degrés du Palais. Cet Edit d’amour était unepetite production obscure de la jeunesse de l’abbé Regnier, quieût bien pu se passer de l’honneur que lui lit Despréaux d’enrappeler le souvenir. Ce grand poète, si l’on en croit le llolœana,parlait quelquefois de son ami avec une liberté peu ilatteuse :lise croit, disait-il, un grand homme , parce qu'il a hérité dela grimace de Chapelain. Nous avons vu dans l’abbé Boileau ,avec quelle liberté Racine parlait de ce prédicateur, qu’il appelaitaussi son ami; et nous avons rappelé à ce sujet certaine chansonde Molière , dont nous avons fait à Racine une application inno-cente, que son maître Despréaux est ici en droit de partager.
Dans le volume qui contient ce premier livre de Y Iliade , ontrouve la traduction française de quelques odes d’Anacréon parle même auteur. La nature de ces odes, qui ne sont guère quedes madrigaux, et la négligence qu’on tolère dans les petitssujets, rendent cette traduction plus supportable que celle deY Iliade ; cependant elle 11e placera jamais l’auteur au rang desbons poètes. Les académiciens de la Crusca avaient fait beau-coup plus d’honneur à la traduction italienne , qu’il leur avaitenvoyée, des poésies d’Anacréon : cette compagnie en acceptala dédicace , et la fit ensuite réimprimer à Florence avec deuxautres traductions du même auteur, faites par des poètes ita-liens , et très-estimées de la nation.