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Tome deuxième.
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DE REGNIER DESMARAIS. 461

(g) ( Lorsque notre zèle. ) Quand on a avancé une proposition , il fautque la preuve qu’on en donne ensuite, y ait un parfait rapport. Ainsi,après avoir dit que le roi nous a fait sentir plus d’une fois la faiblessede la langue, il faudrait, pour le bien prouver , faire une espèce d’é-nuniération des choses eu quoi il nous l’a fait sentir. Blais on ne parleque d’une seule ; et par-là non-seulement on manque à prouver suffi-samment ce qu’on avait avancé, puisqu'une proposition générale nesaurait être prouvée par un fait particulier ; mais on donne de pluslieu de croire que ce 11’est qu'à l’égard de ce fait particulier qu'on atrouvé la langue trop faible.

(/i) (Parler du secret impénétrable.) Parler d'un secret, c’est lerévéler , le divulguer : de sorte qu’on pourrait dire, que bien loin quele zèle et le devoir engagent à parler du secret impénétrable des des-seins d un prince , ils obligent au contraire à n’en dire mot. ( Celle cri-tique parait bien severe; le sens est clair, et par lui-niéme , et parce qui suit. )

(i) (Ne répondaient pas à nos idées.) Il faudrait, pour la justessede la construction, ont mal répondu, puisqu’auparavant il y a , nousont engagés ; ou bien , ce qui serait encore plus régulier : Toutes les

fois que notre zèle ou notre devoir nous ont engagés _ nous avons

trouvé que les mots . ne répomlaienl pas à nos idées. (Je ne sais

si je me trompe; mais il me semble que ne répondaient pas, est iciplus expressif que 11’ont pas répondu, et que d’ailleurs la justessede la construction ne s’y oppose pas. Ne peut-on pas très-bien dire ,toutes les fois que j’ai été chez lui, il n’y était point ? Voilà un im-parfait qui suit un prétérit. Une critique bien plus réelle à faire , c'estque la louange est ici exagérée à un degré ridicule, et c’est le re-proche général qu’on doit faire à cette épîlre. C’est aussi ce que lecenseur reproche quelquefois au panégyriste; mais lui-même, commeon le verra, tombe aussi dans Vadulation.)

(j) (Providence.) Reconnaître que le terme de providence 11’ap-partient qu’à Dieu §eul, et qu'il ne peut jamais être permis de donneraux hommes ce qui 11 appartient qu’à Dieu , et dire cil même temps qu'onle donnerait, s’il était permis de le donner ; il y a en cela une contra-diction d’idées , et cela se détruit de soi-meme.

D’ailleurs en disant : et nous aurions osé, etc. ; s’il pouvait êtrepermê, etc., 011 marque une grande disposition à iaire la chose même ,que l’on reconnaît notre pas permise. Cet endroit, à ce qu’il mesembla', blesse la bienséance. ( Cette critique me parait encore tropsévère ; La phrase employée ici par Charles Perrault est un tour ora-toire dont on se sert tous les jours pour faire passer des louanges'/ni peuvent paraître exagérées. Mais la critique eût été plus juste ,uinsi que la précédente, si elle fit tombée sur l’exagération ridiculede l'éloge. )in.

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