466 NOTES SUR L’ÉLOGE
de ses paroles? (Celle critique ne parait ni bien claire, ni bienjuste. Le roi peut sans doute obliger ses ministres à suivre son avis ,sans les persuader ; mais on a voulu dire ici qu’il ne les y oblige qu’enles persuadant. D’ailleurs il ne s’agit, pas seulement ici de l’ascen-dant que V éloquence du roi lui donne sur ses ministres , mais de l’avan-tage qu’il en tire pour subjuguer tous les esprits et gagner tous les cœurs .On peut seulementobserver que celle expression, maître Je toute l ame,est bien peu éléganle, soit en prose, soit en vers. )
( x ) ( L’éloquence où nous aspirons par nos veilles, et qui est en vousun don du ciel, que ne doit-elle point à vos actions héroïques ? ) Si ons’était contenté Je Jire que l’éloquence où l’AcaJémie aspire , Joit beau-coup aux actions héroïques Ju roi, on aurait dit une chose qu’on pour-rait trouver moyen Je soutenir. Mais de dire (pic l’éloquence qui esten lui un don du ciel, doit beaucoup à ses actions héroïques, c’estune chose qui ne se peut pas détendre ; car c'est dire précisément quele don du ciel qui est en lui, doit bcancoup à ses actions. ( Il y avait iciune autre critique à faire. L’auteur de l'épilre a voulu dire que lesactions héroïques du roi prêtent beaucoup à l'éloquence; et cellephrase, l’éloquence doit beaucoup à vos actions, signifie, dans son sensle plus naturel, l'éloquence doit s’occuper beaucoup à célébrer vosgrandes actions. )
(f) (Les grâces que vous versez sans cesse sur les gens de lettres,peuvent bien faire fleurir les arts et les sciences ; mais ce sont lesgrands événemens qui font les poètes et les orateurs.) Si les grâcesrépandues sur les gens de lettres l’ont fleurir les lettres, il s’ensuit né-cessairement qu’elles font aussi des poêles et des orateurs; car les lettresne peuvent pas fleurir sans l’éloquence cl la poésie. Ainsi le sens dusecond membre de cette période étant déjà enfermé dans le premier,il n’y a pas lieu (le l’énoncer ensuite dans le second membre comme parune espèce d’opposition , et d’en former un axiome.
Mais quand il ny aurait nulle difliculté en cela, je ne vois pas surquoi on se fonde pour avancer que ce sont les grands événemens (pii fouiles poètes et les orateurs. Tout ce qu’ils l’ont, c’est de leur fournir de*sujets propres à les exciter et à les soutenir. Alexandre a été un (le 1plus grands conquérais du monde, et il n’y a peut-être jamais ou d* :plus grand événement dans l’univers, que le renversement de l'Empire’des Perses, suivi de l’établissement de celui des Grecs dans une pari'*'’considérable de l’Europe , dans l’Egypte et dans l’Asie , jusqu’au Gang® -Cependant les grandes choses qu’il a faites lui ont-elles fait naître ""excellent poète grec? et le poète Chcrilus qui les a vues , et qu’il cou 1 ''blait même de bienfaits, en a-t-il été moins mauvais poète? Les "*’'foires d’Annibal, grandes cl signalées en Espagne et en Italie, et ccH c ®même de Jules-César ont-elles fait naître des poètes et des orateur* •En a-t-on vu de bien illustres du temps de Charlemagne, si célèb*^par scs grandes actions, cl par l’empire romain partagé avec les Gre 0 ‘